‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 48 sur 99 · OBSTACLES A LA PARTURITION DU COTÉ DU FOETUS · texte numérisé non relu

OBSTACLES A LA PARTURITION DU COTÉ DU FOETUS

précieuse que celle d'un enfant non viable. A cela on peut répondre que tous les enfants hydrocéphales ne périssent pas nécessairement peu de temps après leur naissance. Voici ce que dit à ce sujet un auteur célèbre, Antoine Dugès :

k Une hydrocéphalie , peu considérable ou développée après la naissance *, peut marcher avec beaucoup de lenteur et ne faire périr l'enfant qu'après plusieurs années de durée ; on l'a vue même persister, tout en faisant des progrès, jusqu'à un âge fort avancé, tantôt en produisant un idiotisme complet, tantôt en laissant au sujet ses facultés intellectuelles. C'est alors surtout que le crâne avait acquis d'énormes dimensions, trente-six pouces de circonférenee, par exemple, à l'âge de neuf ans (Monro) ; quelques-uns de ces sujets ont vécu jusqu'à quarante-cinq ans (Ekmark), cinquante-cinq ans (Gall), soixante-dix ans (Cabinet de Dupont). Voilà certes des cas bien probants contre ceux qui refusent la viabilité aux hydrocéphales. Le pronostic peut être moins désavantageux encore, puisqu'il y a des exemples de guérison complète. » {Dkt. de Mèd. et de Chirurg. pratiques. Ant. Dugès.)

Il résulte donc de ce passage qu'un enfant hydrocéphale peut non seulement naître sans rupture (ce qui est pourtant rare), mais encore être doué de la viabilité. On objectera sans doute que si l'hydrocéphalie est assez peu développée pour n'être pas mortelle aussitôt après la naissance, elle n'est pas non plus un obstacle insurmontable à la parturition. Gela peut être vrai, nous en convenons; mais alors comment savoir à priori au juste le degré de développement de l'hydrocéphalie compatible ou incompatible avec la possibilité de l'acte de l'accouchement? quelle en sera

1 Par conséquent cette hydrocéphalie peu considérable a pu se développer avant la naissance.

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la mesure certaine ? Faute de données précises, il arrivera dans la pratique que l'on prendra facilement des difiicultés pour des impossibilités de parturition, et que, dans tous les cas de distocie (accouchement difficile), l'on fera la ponction crânienne pour toutes les hydrocéphalies quelconques, avancées ou non , compatibles ou non avec la parturition normale, et que par conséquent on sacrifiera très souvent l'enfant ; car la ponction même extra-utérine de la tête de l'enfant est des plus dangereuses, et à plus forte raison celle faite dans la matrice. Cette opération ne peut guère d'ailleurs constituer une médication, puisqu'elle tua presque toujours l'enfant.

Voici une remarque judicieuse de Cangiamila qui vient ici assez à propos, bien que l'hydrocéphalie n'en soit pas directement l' objet. « Dans un accouchement difficile, peut-on porter des instruments meurtriers sur l'enfant, dans la certitude morale qu'il est sans espérance de pouvoir vivre? Plusieurs le pensent avec Heister ; d'autres se refusent à ce sentiment, et c'est avec raison. L'opinion d'Heister serait très dangereuse dans la pratique; elle ouvrirait la voie à l'infanticide; les mères, les sages femmes, les chirurgiens désespéreraient trop facilement de la vie de la mère et de celle de l'enfant, dès qu'on aurait pu baptiser celui-ci d'une manière quelconque. Il faut plutôt suivre S. Ambroise, qui dit que, « dans le cas où l'on ne pourrait donner du secours à l'un sans faire du mal à l'autre, il vaudrait mieux s'en désister. »

Pour éviter ces perplexités pénibles, et surtout pour ne pas s'exposer à commettre un fœticide véritable, nous croyons qu'il ne faudrait faire la ponction hydrocéphalique dans aucun cas. Qui peut sonder avec une certitude absolue l'étendue immense des ressources de la nature ? Mais un mot décisif doit, ce me semble, trancher net la difficulté. Nous l'avons déjà dit, mais il est nécessaire de le répéter encore : non

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