OBSTACLES A LA PARTURITION DU COTÉ DU FOETUS
su/ni Jacinula mala ut eveniant bona. Cette maxime, ce principe, en morale, est immuable et imprescriptible. Il ne peut jamais être permis de tuer un être innocent, parce que c'est là un mal essentiel, intrinsèque, rentre la loi naturelle, qui n'admet jamais d'exception. Que l'on ne dise pas qu'un enfant hydrocéphale n'étant pas viable, est par conséquent inutile et même à charge à la société ; cela est faux : tout être humain, par cela seul qu"il existe, est utile à la société, quand il ne devrait vivre qu'un jour, qu'une heure. De même que pour l'agonisant, à qui il ne reste plus qu'une heure de vie, il ne peut jamais être permis d'abréger d'une minute sa triste et douloureuse existence. D'ailleurs cet enfant éphémère, comme l'homme moribond ou agonisant , est l'occasion de l'accomplissement dune foule de devoirs sociaux ; et notez surtout que sa naissance lui a procuré le plus grand et le plus précieux de tous les biens, le baptême.
Il est d'ailleurs des cas d'hydrocéphalie où la ponction crânienne serait inutile, comme, par exemple, lorsqu'il existerait en même temps un vice organique du côté de la femme, une étroitesse extrême du bassin ; alors l'opération césarienne est inévitable.
[L'appréciation du P. Debreyne quant à la gravité de la ponction, dans le cas d'hydrocéphalie, est bien un peu excessive. Il est de fait que des chirurgiens éminents en sont venus à la proscrire ; mais tous ne sont pas aussi absolus : West rapporte que sur 5G cas, on a pu compter 16 guérisons; il est vrai que cette statistique ne porte que sur des enfants opérés après la naissance et que l'opération a bien plus de mauvaises chances contre elle, lorsqu'elle est pratiquée in utero.
De plus, il est bien certain que l'enfant atteint d'hydrocéphalie congénitale, tout viable qu'il est, est voué à une existence généralement fort courte, toujours précaire, presque toujours altérée par le plus
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ou moins d'infirmités physiques et morales qui en résultent; pour ces divers motifs, il me semble que la vie de la mère peut être préférée à la sienne, étant donné qu'on aura pu lui conférer le baptême avant l'opération. Cangiamila en effet, me paraît condamner cette conclusion, moins en elle-même, qu'à cause des abus auxquels elle expose; aussi les motifs que j'ai indiqués me semblent devoir l'emporter.
En résumé, dans les cas de dystocie par hydrocéphalie de l'enfant, il faut d'abord temporiser, parce que la nature effectue souvent à la longue ce qui avait paru d'abord lui être impossible ; puis on doit appliquer le forceps, et si cette tentative demeure sans résultat et que le temps presse, il faut administrer le baptême in utero et faire la ponction, à moins que la mère ne préfère et ne réclame elle-même l'opération césarienne.]
§ 8. — de l'asphyxie et de l'état apoplectique des nouveau-nés.
Souvent dans les accouchements difficiles et prolongés, les enfants naissent dans un état de mort apparente, sans sentiment, ni mouvement, ni pouls, ni respiration ; ils sont ordinairement faibles et pâles : c'est ce qu'on appelle l'asphyxie des nouveau-nés. Quand lenfant se présente en cet état, après l'avoir baptisé sous condition, on cherche à le ranimer par tous les moyens que l'art et la raison peuvent suggérer. On place l'enfant devant un feu clair et flambant ; on le plonge dans un bain tiède, que l'on rend plus ou moins excitant avec un peu de vin, d'eau-de-vie ou de fort vinaigre ; ou l'on fait sur tout le corps, et surtout sur la région du cœur et sur l'épine dorsale, des frictions aromatiques et toniques avec du vin aromatique, de l'eau-de-vie ou toute autre liqueur spiritueuse, ou
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simplement avec des linges chauds et secs; on frictionne les tempes, le front, le pourtour du nez avec de l'eau de Cologne, de l'alcool, du fort vinaigre ou un peu d'éther ; quelquefois les aspersions d'eau froide ont ranimé les enfants presque subitement, comme les adultes en état de syncope. On excite l'intérieur de la bouche ou des narines avec les barbes d'une plume, dont, on se sert en même temps pour retirer de l'arrière-bouche et des narines des glaires ou des mucosités filantes qui les obstruent plus ou moins. On presse doucement la poitrine et le ventre, afin de provoquer le mouvement respiratoire et le jeu du diaphragme.
Dans le cas où ces différents moyens sont sans effet, on a recours à l'insufflation de l'air dans les poumons. A cet effet on peut se servir d'un tuyau de plume, que l'on introduit dans la bouche ou plutôt dans une narine; on y souffle de l'air avec la bouche, et on ferme en même temps l'autre narine et la bouche de l'enfant, afin que l'air insufflé ne sorte pas par ces ouvertures ; on peut aussi souffler directement l'air avec la bouche. On a soin de faire presser légèrement le larynx en arrière contre la colonne vertébrale, afin d'aplatir l'œsophage et d'empêcher l'air de pénétrer dans ce conduit.
Si l'on se servait pour l'insufflation, d'un soufflet, il ne faudrait pas prendre un soufflet de foyer, parce qu'il pourrait renfermer de la cendre ou de la poussière. On ne doit d'abord souffler que fort légèrement et lentement, et surtout en faisant alterner linsufflation avec de légères pressions qu'on exerce sur le ventre et le thorax, pour imiter le mouvement respiratoire normal. Mais l'insufflation naturelle, directe de bouche à bouche, est généralement préférable, parce que l'air légèrement échauffé et humide qui sort de la poitrine delà personne qui fait l'insufflation, convient mieux aux poumons du nouveau-né qu'un
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air froid et sec. On a d'ailleurs prouvé que l'air expiré n'est pas beaucoup plus impur que l'air ordinaire, puisqu'on affirme que l'air qui a déjà servi à la respiration ne contient qu'un centième d'oxygène de moins que l'air atmosphérique.
Il faut persévérer longtemps dans l'emploi de tous ces moyens ; car ce n'est souvent qu'au bout de plusieurs heures de soins que l'on parvient à ranimer un enfant frappé d'asphyxie.
Pour ce qui regarde l'état apoplectique des nouveau-nés, on le reconnaît facilement aux signes suivants : la figure est très rouge, violette, bleuâtre, gonflée, ainsi que les paupières, les lèvres, le cou, la poitrine, etc. ; la circulation et la respiration sont nulles ou insensibles. C'est tout l'opposé de l'asphyxie, quant à la cause prochaine et à l'ensemble des phénomènes. Le premier et le principal remède à employer, c'est la section du cordon ombilical. Si le sang ne coule pas suffisamment, on rafraîchit de temps en temps cette section d'un coup de ciseaux ; et si malgré cela le sang ne coule pas suffisamment, on peut appliquer une sangsue derrière chaque oreille, etc.