AVERTISSEMENT. VII
vérité et par conséquent de la société, de la civilisation et de la liberté ; car tous ces biens nous sont venus avec la vérité : Venerunt omnia bona pariter cum Ma. (Sap.) « Partout, dit M. de Maistre, où vous verrez un autel, là se trouve une civilisation. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre est moins savant que nous, sans doute, mais plus véritablement social s'il assiste au catéchisme et s'il en profite. » [Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 97.) Tout porte sur l'autel ; le monde s'appuie sur ce fondement solide : ôtez ce point d'appui, et le monde s'écroule et roule dans l'abîme. Faites disparaître le prêtre du milieu de la société, et soudain avec lui disparaîtront toutes nos institutions vitales, morales et sociales : dès lors, plus de religion, plus de christianisme, plus de morale, et conséquemment plus de société, plus de civilisation, plus de liberté. Que restera-t-il donc? L'anarchie universelle et l'état sauvage. On a tenté il y a un siècle cette sacrilège et terrible réalisation, et l'on sait avec quel succès : on se rappelle cette époque épouvantable et inouïe jusqu'alors dans les fastes de l'histoire humaine. Si Dieu n'avait abrégé ces jours affreux, rien ne serait demeuré debout, et la société française tout entière se serait engloutie dans l'abîme de l'athéisme. Mais le prêtre reparut, et avec lui la religion, la charité, l'ordre et la paix, c'est-à-dire la société véritable. Ainsi, nous le répétons, sans le prêtre point de société, point de civilisation, point de liberté; donc le chaos de la barbarie *.
1 u Le sceptre de la science n'appartient à l'Europe que parce qu'elle est chrétienne. Elle n'est arrivée à ce haut point