VIII AVERTISSEMENT
Si l'on nous objecte la société et la liberté des Etats protestants, nous répondrons que cette société et cette liberté imparfaites ne subsistent que par l'observation matérielle de quelques points de l'Évangile, et que, sans cette condition d'existence chrétienne, l'Angleterre elle-même ne serait pas un État plus civilisé que la Turquie.
Le prêtre surtout est l'homme de la charité. Mais qu'il y a loin de l'humble et ardente charité du prêtre à la fastueuse et froide philanthropie du philosophe ! Cette philanthropie n'est qu'un dogme stérile, qui divise et égoïse les hommes, au lieu de les unir et de les socialiser. La philanthropie ne sait que créer des sociétés matérielles, ou faire des assemblages hétérogènes d'êtres humains rapprochés par des liens et des intérêts purement terrestres. La charité, mot admirable, formule sublime, qui résume tout le christianisme, qui résume Dieu lui-même, Deus charitas est; la charité, dis-je, constitue seule la vraie société et la vraie civilisation. Sans la charité il n'y a que réunion des corps sans union des cœurs, il n'y a qu'égoïsme et individualisme : La charité élève et perfectionne l'homme et la société ; c'est le lien de la perfection dit saint Paul, vinculum 2^>e?ifectio?iis, parce que l'union qu'elle établit constitue essentiellement la perfection sociale.
de civilisation et de connaissances que parce qu'elle a commencé par la théologie, parce que les universités ne furent d'abord que des écoles de théologie, et parce que toutes les sciences, greffées sur ce sujet divin, ont manifesté la sève divine par une immense végétation. » (Soirées de Saint-Pétersbourg, t. II, p. 266.) C'est donc au sacerdoce que l'Europe est redevable de sa civilisation, de ses sciences et de ses lumières.