CONSÉQUENCES ET DANGERS DE CES PRATIQUES
dite, ou tout au moins une imminence morbide, un état dans lequel la maladie est imminente, sinon actuelle. Et en effet nous avons vu que l'hypnotisé peut facilement tomber en catalepsie, qui est une névrose fâcheuse, et qu'il peut arriver non moins facilement à la léthargie, état qui n'est pas seulement effrayant, mais qui offre de réels et de graves dangers. On a vu des sujets demeurer dans cet état, de façon à donner les plus pénibles inquiétudes au médecin qui en était témoin et qui peut-être l'avait provoqué.
D'ailleurs un sujet qu'on a plusieurs fois hypnotisé acquiert fatalement un autre genre d'imminence morbide : il devient de plus en plus facilement hypnotisable et demeure comme livré sans défense à celui qui voudra tenter sur lui l'expérience.
Et quand on arrive à l'état d'imitation forcée ou de suggestion, le danger est plus flagrant encore. Dans cet état, une attitude donnée au sujet, un commandement qu'on lui adresse, suffisent à lui imposer toute une série d'actes auxquels sa volonté ne prend nulle part, et à l'exécution desquels il ne peut se soustraire ; on peut donc présumer quels abus sont à redouter d'une pareille influence.
D'autre part, toutes les névroses sont connexes, pour ainsi dire, et l'on observe souvent la transformation de l'une ou l'autre de ces maladies, parfois même leur accumulation sur un même sujet ; et l'hypnotisme n'échappe pas à cette loi commune aux maladies nerveuses.
De plus, l'hypnotisé chez lequel on cultive, pour ainsi parler, la dislocation de ses facultés intellectuelles, l'abâtardissement de la volonté, et l'obscuration de la conscience, perd ainsi de ses meilleurs attributs, et peut rester mutilé dans ses plus nobles facultés. On cite une malade (Richer; qui demeura en état de démence plusieurs jours après des expériences d'hypnotisme ; deux malades (Regnard) demeurèrent long-
temps dans un état de léthargie qui donna les plus grandes craintes.
Récamier, Magendie, Rostan avaient déjà formellement condamné ces pratiques comme dangereuses.
Enfin Harting a observé que les poules, chez lesquelles il étudiait les phénomènes de l'hypnose, devenaient facilement épileptiques.
§ 5. — CONDAMNATIONS ECCLÉSIASTIQUES. — CONSIDÉRATIONS PHILOSOPHIQUES ET PRATIQUES.
Voilà certes bien des motifs intellectuels, moraux et physiques de ne pas se livrer aux pratiques de ce qu'on appelle communément le magnétisme.
Il en est d'autres, qui relèvent des convictions religieuses ; elles reposent sur la suspicion légitime que la Cour de Rome a plusieurs fois manifestée à l'égard de quelques-unes de ces pratiques. C'est ce qui résulte des consultations données par le Saint-Siège les 25 juin 1840, 21 avril 1841, 1er juillet 1841, 21 mai 1856, et 4 août 1856. L'une d'elles est ainsi formulée : « L'exercice du magnétisme animal , ainsi qu'il est exposé, est illicite. »
Or, le Saint-Siège vise ici non seulement les pratiques en elles-mêmes, et ce qu'elles peuvent avoir de dangereux pour la foi, et pour les mœurs surtout; il vise aussi ces cas, dans lesquels on demande à des moyens physiques, dont l'usage n'a rien d'illicite en soi, des résultats dont la portée dépasse absolument les facultés de notre nature et semble impliquer l'intervention de puissances occultes. Tous les auteurs spiritualistes ou théologiens, qui se sont occupés de ce sujet, sont d'avis qu'un certain nombre de faits ne peuvent s'interpréter autrement. Constatant, dans certains cas, des effets qui dépassent totalement la portée de ce que nous pouvons atteindre par nos facultés