‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 62 sur 99 · CONDAMNATIONS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

CONDAMNATIONS ECCLÉSIASTIQUES

physiologiques, et des résultats qui sont en opposition évidente avec les lois naturelles, ils concluent que de tels résultats trahissent l'intervention d'agents spéciaux, que ces agents nous sont étrangers et doivent nous être supérieurs, au moins par quelques-unes de leurs faculles.

Il est certain que bon nombre des faits rapportés par les auteurs à ce sujet ne laissent d'autre alternative à l'esprit qui les étudie : ou les nier comme erronés ou mensongers, ou les attribuer à une puissance étrangère et supérieure à l'humanité

La métaphysique aura beau s'attacher à établir que l'âme séparée du corps possède des aptitudes bien supérieures à celles que nous lui connaissons dans la vie normale, cela est insuffisant pour nous convaincre ; car cette hypothèse ne peut expliquer les faits du magnétisme animal, qu'en se compliquant de beaucoup d'autres. Il faudrait admettre pour cela que l'âme peut, sans sortir des lois naturelles, subir une certaine séparation du corps, laquelle n'entraîne pas la mort et cesse aussi facilement que le sommeil; que cette séparation peut être pratiquée à volonté, dans les expériences magnétiques; que cette séparation, incomplète dans certains cas, peut comporter plusieurs degrés divers ; enfin que cette séparation met l'âme dans un état de plus haute puissance et de plus grande liberté. Toutes ces hypothèses, loin d'être prouvées, demeurent contraires à ce qu'on observe.

Si l'on admet qu'il s'agit alors de l'intervention d'une puissance étrangère, trois explications seulement restent possibles :

Il peut être question, ou bien de l'âme des morts, ou bien des esprits, et encore des bons ou des mauvais esprits. — Je ne saurais discuter ici à fond une telle question, dont ont traité d'ailleurs nombre d'auteurs compétents. (V. P. Matignon, question du surnaturel.) Je rappellerai seulement ce qu'il y a d'impossible à

mettre lésâmes des morts à la merci des vivants, ainsi que cela aurait lieu si le magnétisme pouvait à son gré les mettre en cause et même les évoquer. Quant aux esprits, rien en théologie ne s'oppose à admettre comme possible leur intervention sensible. Mais si l'on a suivi l'exposé que nous venons défaire, on aura vu, d'abord, qu'ils sont rares, les cas où cette intervention doit être invoquée pour expliquer un fait anormal ; et ensuite, que le caractère de ces opérations, la désharmonie et l'irrégularité qu'elles apportent au milieu des fonctions de l'économie vivante, la déchéance qu'elles imposent aux sujets qui s'y livrent, non seulement pendant les crises, alors quel'âme humaine semble comme décapitée et privée de ses plus éminentes fonctions, mais encore les traces d'infériorité que leur répétition ne manque pas d'amener chez ceux qui s'adonnent à ces pratiques ; enfin, les dangers de toutes sortes auxquels elles exposent ; tout s'unit pour démontrer que, s'il y a là l'intervention d'une puissance supérieure à l'humanité, ce ne peut être que l'intervention d'une puissance malsaine et malfaisante.

Est-ce à dire pour cela que la médecine doive se refuser absolument d'avoir recours, en aucun cas, aux pratiques de l'hypnotisme, et qu'elles soient incapables de tout effet utile et bienfaisant?

Non; et ce, pour deux raisons : Il est bien certain que le sommeil hypnotique est un moyen de modifier la manière d'être du système nerveux central, dans un sens qui peut être favorable à certains états morbides légers ou nerveux. C'est un moyen d'anesthésie, qui peut plonger les sujets pour quelque temps dans l'insensibilité, et qui a pu permettre d'exécuter, sans douleur, quelques petites opérations. Toutefois, il faut avouer que c'est, employé dans ce but, un moyen peu pratique, souvent infidèle, et bien inférieur auxmoyens anesthésiques puissants et sûrs que nous pos

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