‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 67 sur 99 · RÉVÉLATIONS, VISIONS ET HALLUCINATIONS · texte numérisé non relu

RÉVÉLATIONS, VISIONS ET HALLUCINATIONS

pourvu qu'on s'assure bien d'ailleurs qu'il n'y a ni supercherie, ni méprise.

Disons encore que l'halluciné de l'ouïe l'est à l'occasion d'une cause accidentelle appréciable, pendant une maladie cérébrale, ou à la suite d'une maladie grave quelconque, ou par le fait d'une intoxication, ou enfin, dans un état de folie plus ou moins permanent. La révélation a lieu dans de tout autres circonstances. En résumé, la certitude du sujet qui la perçoit, l'harmonie qu'elle présente avec le reste de l'existence, la portée des vérités qui en sont le sujet, leur cachet souvent prophétique, et les effets favorables qui en résultent, tels seront les signes principaux au moyen desquels on pourra reconnaître une révélation.

Pour ce qui est de séparer les révélations divines d'avec les révélations diaboliques, c'est au sujet même de la révélation, aussi bien qu'à ses effets, qu'il faut surtout s'en rapporter. Les principes en pareille matière méritent d'être cités ; le P. de Bonniot les résume ainsi : tout ce qui contredit la raison est faux; tout ce qui contredit la morale est faux et mauvais; tout ce qui contredit la vérité révélée est faux, mauvais et impie. Je ne saurais mieux dire et ne puis que renvoyer d'ailleurs à ce que j'ai dit déjà sur ce sujet.

Les apparitions ou les visions sont distinguées par les mystiques, selon que leur objet est aperçu comme corps (vision corporelle ou externe), comme représentation sensible (vision imaginaire), ou comme vérité entendue (vision intellectuelle).

Quoi qu'il en soit, ce n'est guère que la vision corporelle ou externe, tout au plus peut-être la vision imaginaire, qui puisse être confondue avec l'hallucination. Il faut pour cela, en effet, que ce soit un objet sensible que le sujet voie apparaître, et que ce soit avec les yeux du corps qu'il le perçoive. Or, résumons avec le P. de Bonniot, les caractères propres aux vi-

sions : — Une représentation sensible, dont les éléments n'ont jamais été perçus par les sens, ne peut être l'œuvre de l'imagination et ne peut être une hallucination. — De plus, une représentation sensible, parfaitement ordonnée, dont les éléments seuls et non pas le type ont été perçus par les sens, ne sera pas une hallucination, si l'imagination n'a pas, au préalable, combiné ces éléments, dans le calme et sous la direction de la raison ; car l'imagination livrée à elle-même est condamnée au désordre. La représentation sensible et exacte d'un fait d'observation, d'un événement historique, jusque-là parfaitement inconnu, ne peut être une hallucination. De même, la représentation sensible et exacte d'un événement imprévu, qui s'accomplit hors de la portée des sens, ou qui, dépendant d'une cause libre, ne s'est pas encore accompli , ne peut être une hallucination. Enfin, une représentation sensible qui se trouve, à la fois et de tout point, identique en deux ou plusieurs sujets, si elle n'a pas été préparée par la perception antérieure du même type, ne saurait être une hallucination. Ajoutons, en un mot, que la suppression de l'effet naturel d'un agent physique, au moment où il agit, et réciproquement la constatation de cet effet en l'absence de l'agent qui le produit naturellement, ne sauraient être l'effet de l'imagination.

Ces propositions résument sinon toutes les règles, au moins les plus importantes de celles que réclame l'examen scientifique d'un fait d'apparition quel qu'il soit.

L'hallucination implique la présence d'un objet fantastique, ayant les apparences de la réalité, puis une inclination invincible à prendre cette apparence pour un objet réel, c'est une double condition qui se retrouve dans plusieurs états morbides.

Ainsi les hallucinations de la vue sont surtout fréquentes dans les délires toxiques, et leurs caractères

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