DE LA MONOMANIE, HOMICIDE ET SUICIDE
Aujourd'hui, dit sur ce sujet le P. Debreyne, tous les médecins légistes admettent la monomanie homicide sans délire, c'est-à-dire cet état particulier de l'homme où, sans offrir aucun trouble intellectuel, il est entraîné par un penchant irrésistible, poussé, impulsionné par un instinct aveugle, par quelque chose d'indéfinissable, à telle ou telle action que sa raison réprouve et condamne. Obsédé par des idées de vol , d'incendie , de meurtre , de suicide, qu'il s'efforce en vain d'écarter, il sent toute l'horreur de semblables désirs, et cependant sa volonté est vaincue : sans motifs, sans intérêt, il vole, il brûle, il tue, il verse son propre sang. (Pinel, Esquirol, Marc, Gall, etc.)
Nous ne croyons pas pouvoir nous ranger absolument à cette opinion, quoiqu'elle soit aujourd'hui universellement admise par les médecins légistes, ou du moins nous ne l'acceptons qu'en tant que la monomanie n'est pas passée à l'acte consommé; car, selon nous, toute monomanie qui arrive à la consommation de l'acte, est constamment une monomanie délirante,