‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 76 sur 99 · ANALYSE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

ANALYSE DE LA VOLONTÉ

[Entre l'opinion que Debreyne attribue aux médecins, celle qu'il attribue aux magistrats, et la sienne propre qu'il qualifie de moyenne, il pourrait bien y avoir surtout la distance d'un malentendu.

Il faut bien se rendre compte de ce que peut être ce délire d'action, qui n'est pas le délire, cette manie impulsive, qui, dans certains cas, porte à l'action d'une façon irrésistible, ou bien y entraîne un sujet sans défense et incapable de s'y opposer ; mais pour cela il faut, avant tout, étudier quelle est l'évolution normale de l'acte, en partant de l'acte le plus simple , jusqu'à la détermination volontaire dans ce qu'elle a de plus complexe.

Il y a d'abord l'acte automatique, qui succède à une sensation, interne ou externe, sans intermédiaire pour ainsi dire : l'impression portée sur un point quelconque de l'économie arrive à la moelle épinière, et la moelle réagissant, commande le mouvement; mouvement réflexe, sympathique ou défensif, instinctif comme on dit, ou encore, automatique, en ce que le cerveau et l'esprit n'y prennent aucune part, si ce n'est pour y assister et le connaître plus ou moins. A un autre degré, il y a l'acte délibéré et consenti : l'impression produite est transmise à la moelle, puis expédiée par elle au cerveau, où elle est élaborée d'une certaine façon ; l'acte qui eût pu en résulter immédiatement, du fait de la moelle toute seule, est suspendu, jusqu'à ce qu'il ait été consenti par le cerveau, qui en transmet par voie de retour, l'impulsion à la moelle ; cette transmission ne se fait pas sans impliquer un certain retard, et le plus souvent le cerveau modifie quelque peu l'impulsion première, dans le sens du but à atteindre. Enfin, il y a le plus haut

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