‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 77 sur 99 · ANALYSE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

ANALYSE DE LA VOLONTÉ

degré do l'acte, l'acte qui commence comme les autres , qui comme le précédent est transmis au cerveau, et qui n'est plus seulement consenti, mais corrigé, rectifié et commandé, en raison d'une détermination volontaire plus ou moins nettement formulée.

Voyons maintenant comment l'évolution de ces actes peut être altérée, pour donner lieu à la manie impulsive. Dans le premier cas, où l'acte est purement réflexe, comme on l'appelle en physiologie, rien n'est plus simple : l'acte est exécuté en dehors de toute délibération mentale et de toute détermination consciente : le sujet n'est est pas responsable. Du moins ne peut-on l'accuser que de ne s'être pas assez appliqué, dans son habitude ordinaire, à résister à ses premières impressions, ou à les apprécier avant d'y obéir ; mais l'impulsion involontaire est de règle.

La difficulté commence avec les actes de la seconde catégorie. Est-il possible qu'un sujet consente à un acte qu'il juge mauvais, et y procède, sans en encourir la responsabilité? — Remarquons d'abord que, dans ce cas, la sollicitation à l'acte n'est pas spontanée et le sujet n'est pas responsable d'en avoir conçu l'exécution ; mais il est néanmoins responsable de l'avoir permis ou, comme on dit, de se l'être permis. Plusieurs causes peuvent d'ailleurs atténuer cette responsabilité. La volonté, qui doit agir dans ce cas, comme une puissance d'arrêt ou de suspension d'action, peut se trouver insuffisante pour deux motifs : ou bien l'impression qui a été l'agent d'impulsion est d'une vivacité excessive, qui tend à l'acte réflexe et immédiat, et ne permet qu'imparfaitement l'intervention du jugement; dans ce cas, les impulsions d'ordre inférieur gagnent tout ce que perdent les impulsions d'ordre supérieur. (Ribot.) Ou bien l'acte est accompli sans le consentement de l'âme, et surtout malgré l'opposition bien accentuée de la conscience, et alors

c'est qu'il y a quelque chose de vicié dans les rapports de ces divers éléments. C'est, par exemple, que la volonté est devenue trop débile et le sujet n'est responsable de son action que dans la mesure où il est responsable de ces anomalies, c'est-à-dire, de la trop grande impressionnabilité de ses centres de perception et de l'excessive débilité de sa détermination volontaire. Or les mauvaises habitudes, la culture ou le développement trop facile des passions, sont les agents qui expliquent le mieux ces singulières et délicates anomalies.

Quand il s'agit d'actes raisonnes, appréciés par la conscience, permis par elle et voulus par la détermination volontaire, le doute n'est plus possible sur la question de responsabilité ; et l'on peut dire avec Debreyne, qu'il n'y a pas d'impulsion irrésistible de cette catégorie, sans délire ou sans folie.

Dans ces diverses évolutions de la volonté, nous voyons que la spontanéité est possible sans doute, mais que l'action est généralement provoquée par une impression externe ou interne, par une sensation objective ou subjective , ou par une modification directe des centres de perception et de volition. De sorte qu'il faut, pour provoquer la volonté, qu'un premier élément représentant une certaine énergie potentielle, lui vienne du dehors. « Le dogme théologique de la grâce, à titre de don gratuit, nous paraît ainsi fondé sur une psychologie bien plus exacte que l'opinion contraire. » (Ribot.)

Cette conclusion, que j'emprunte à un philosophe peu suspect de partialité en faveur des idées religieuses, m'a paru bonne à citer ici, bien qu'elle n'ait peut-être pas toute la portée que son auteur semble lui attribuer. D'ailleurs elle comporte une autre conclusion pratique. C'est qu'en pareil cas, les sujets qui se sentent frappés d'une de ces infirmités morales, doivent s'attacher, avant tout, à échapper à toutes les

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