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CHAPITRE II

Guérisons réputées miraculeuses, c'est-à-dire opérées par des moyens purement spirituels et moraux. — Les miracles contemporains.

Nous ne sommes plus dans ces temps où l'on croyait qu'un malade tombé en une profonde léthargie ou dans une longue syncope, était réellement mort tant que durait cet accident, et véritablement ressuscité dès qu'il était sorti de sa crise léthargique, syncopale ou carotique. C'est ainsi que le vénérable Bède rapporte

l'histoire d'un nommé Drithelme, qui mourut vers Ventrée de la mat et ressuscita au point du jour. Il fut conduit au purgatoire, et y fut témoin de tous les tourments qu'on y endure; il en revint, bien entendu, et fit sur la terre, le reste de ses jours, une très rigoureuse pénitence. Le P. Saint-Jure rapporte la même histoire, qui est beaucoup trop longue pour trouver place ici. D'ailleurs nous n'avons point à parler de ceux qui meurent et ressuscitent, ou ne ressuscitent pas, mais de, ceux qui guérissent surhumainement, c'est-à-dire contre toutes les apparences, les probabilités et les prévisions humaines.

Depuis environ une cinquantaine d'années, dit le P. Debreyne, on a produit au jour un grand nombre de guérisons extraordinaires, réputées surnaturelles ou miraculeuses. Il est louable sans doute, de publier les merveilles par lesquelles Dieu fait éclater sa puissance sur la nature et sa bonté envers les hommes ; mais en cette matière délicate, il faut user d'une grande prudence, pour ne pas prêter des armes aux ennemis de la foi, et pour ne pas nuire aux intérêts de la religion, tout en voulant les servir puissamment. Les impies et les incrédules pourraient, en effet, s'en prévaloir, et arguer de quelques guérisons extraordinaires, contestables ou mal prouvées, contre les miracles du premier ordre consignés dans les livres saints; mais heureusement, par une disposition providentielle, ces derniers sont tous empreints d'un caractère divin, qui leur donne une certitude inébranlable, contre laquelle viendront toujours se briser tous les efforts du mensonge et de la science purement humaine, ou séparée.

Nous sommes persuadés que laplupart des guérisons que l'on a publiées comme miraculeuses, le sont en effet, et ont été opérées d'une manière surhumaine, surnaturelle, et tout en dehors des lois physiologiques et pathologiques : c'est-à-dire que nous regardon- es

guérisons comme miraculeuses, dans le sens vrai et théologique, mais non élevées au degré de grandeur divine des miracles de l'Écriture sainte. C'est pourtant toujours la même puissance qui produit les uns et les autres. Pourquoi donc cette différence dans les œuvres de Dieu ? Sans doute entreles mains du Tout-Puissant, les choses ne sont pas plus ou moins faciles ou difficiles, ou en d'autres termes, il n'y a point en Dieu de degrés de puissance. Non est Domino difficile, salvare vel in multis vel inpaucis. (Reg.) 11 n'est pas plus difficile à Dieu de ressusciter un mort en proie à la putréfaction, que de chasser une fièvre éphémère. Dieu fait éclater ses prodiges selon la mesure de la foi des malades, ou la nécessité des temps. Jadis la foi était très vive, immense, entière, et les miracles du premier ordre, marqués visiblement au sceau du Tout- Puissant, y répondaient avec une magnificence et une majesté toutes divines. Aujourd'hui il n'y a plus ni la même foi, ni la même utilité pour obtenir de Dieu ces grands miracles, comme de faire marcher deshommes perclus et impotents de naissance, qui nunquàm ambuîaverant; de guérir des aveugles-nés, des hydropiques, des lépreux, etc., et tout cela d'une seule parole.

On nous a rapporté beaucoup de faits de ces guérisons extraordinaires, obtenues par des moyens purement spirituels, tels que des prières, des neuvaines, de pieux pèlerinages et autres saintes pratiques de dévotion. Nous avons vu de ces personnes que l'on a crues guéries miraculeusement, et nous affirmons que ces guérisons nous ont paru solides et durables.

D'un autre côté, nous croyons aussi qu'un certain nombre d'autres guérisons sont le résultat d'une cause purement naturelle ou morale, du pouvoir immense du système nerveux, ou d'une surinnervation soudaine *. Une espérance ferme et inébranlable et Ten-

' On nous a demandé un critérium pour distinguer les guérisons naturelles avec les surnaturelles. Dans l'état actuel de la

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thousiasme de la confiance peuvent imprimer au système nerveux un ressort, un ton de vitalité et de force synergique immense et en quelque sorte incommensurable , au point de ranimer et de vivifier, pour ainsi dire, la nature défaillante d'un moribond.

Un homme ayant subi une grande opération chirurgicale, se mourait d'une hémorrhagie que rien n'avait pu arrêter. Son médecin arrive et le trouve à l'extrémité. Ah ! monsieur, dit le malade, je suis perdu : je perds tout mon sang. Vous en perdez si peu, reprit le docteur avec un grand sang-froid et un ton rassurant, que dans une heure vous serez saigné. L'idée d'une saignée chez un homme qui se croit exsangue, opère sur son moral la plus heureuse révo-

science,nous ne pouvons établir sur ce point des règlescertaines et accessibles à tous les esprits.

En attendant que ce critérium puisse être prudemment douné comme règle infaillible, ayez recours à l'Ecriture sainte, à l'histoire évangélique, et proclamez hardiment le miracle si vous voyez guérir subitement des aveugles-nés, des boiteux de naissance [claudos ab utero), des individus avec des membres desséchés, c'est-à-dire complètement atrophiés, des hommes couverts de lèpre, etc. On peut y ajomer des malades atteints de graves lésions organiques chroniques physiquement constatâmes, c'est-à-dire visibles et tangibles, comme par exemple des cancers largement et profondément ulcérés avec perte de substance, ou de vastes ulcères qui ont ron.çré une grande partie d'un membre, de volumineuses varices, etc. Vous pouvez être assuré que jamais la puissance de l'imagination et du système nerveux n'a pu opérer subitement ces sortes de guérisons. Et pour ne parler que de ces derniers cas, nous établissons comme principe certain et inattaquable, que. par les lois de l'organisme de l'économie animale, uue régénération subite des chairs est manifestement impossible, parce que la nutrition ou l'assimilation ne peut être, dans l'ordre naturel, que lente et successive, comme l'alimentation ou la digestion elle-même. Donc, une régénération subite des organes détruits ou profondément altérés dans leur texture, est un fait contre les lois de la nature animale ou une dérogation aux lois de l'organisme ; donc c'est un fait qui relève de l'ordre surna turel, c'est-à-dire un miracle.

lution; le sang s'arrête, et le malade se trouve hors de danger.

Un négociant, apprenant la nouvelle d'une banqueroute qui le ruinait, tomba dans une stupeur mortelle. Bouvard, jadis fameux médecin de Paris, arrive et formule ainsi son ordonnance : Bon pour trente mille francs chez mon notaire. Ce fortifiant guérit sur-lechamp ce malade foudroyé, comme le congé délivré à un soldat nostalgique mourant le fait partir à l'instant pour regagner les foyers paternels. Tout le monde sait que des personnes sont mortes d'un excès de joie, tels sont particulièrement Diagoras, Sophocle, Léon X. Un condamné entend prononcer sa grâce, et il tombe mort. Un rire excessif fit périr Zeuxis et le philosophe Chrysippe.

Par contre, un chagrin excessivement violent ou l'impression d'une douleur immense a pu décomposer la figure, et même, dit-on, faire blanchir en vingtquatre heures les cheveux d'un prisonnier.

Voici à ce sujet un fait bien extraordinaire rapporté par M. le docteur Descuret, dans sa Médecine des passions.

« On sait que, dans quelques parties de la Sardaigne, la chasse des nids d'aigles et de vautours est l'une des principales ressources des paysans nécessiteux, et qu'ils s'y livrent avec autant d'audace que de persévérance.

« En 1839, trois jeunes frères qui exerçaient ce genre d'industrie, ayant aperçu dans les environs de San-GiovannideDomus-Novas, un vaste nid d'aigles au fond d'un précipice, résolurent de s'en emparer, et tirèrent au sort à qui irait le chercher. Le danger n'était pas seulement dans la possibilité d'une chute de plus de cent pieds, mais encore dans l'agression des oiseaux de proie que pouvait renfermer cet abîme.

« Celui des trois frères que le sort avait désigné

pour une si périlleuse entreprise, était un beau jeune homme d'environ vingt-deux ans, d'une force athlétique, et ne reculant jamais devant les difficultés. Ayant donc hardiment mesuré des yeux la profondeur qu'il doit parcourir, il se ceint d'une corde à gros nœuds, que ses frères se chargent d'abaisser ou de hisser à volonté ; puis, muni d'un sabre bien effilé, il descend dans le précipice, et arrive heureusement jusqu'à l'interstice qui recèle le nid objet de ses vœux. Ce nid contient quatre aiglons à plumage isabelle clair : c'est un trésor pour le jeune montagnard, et son cœur palpite de joie à la vue d'un si riche butin. Mais le plus difficile n'est pas accompli; il faut remonter avec cette proie, et c'est là surtout que se trouve le péril. Déjà la voix du jeune chasseur a retenti joyeusement dans les cavités sonores du précipice ; déjà la corde se meut dans un mouvement ascensionnel, lorsque tout à coup il se voit assailli par deux aigles énormes, qu'il reconnaît à leur fureur et à leurs cris, pour le père et la mère des petits dont il s'est emparé. Alors s'engage une lutte épouvantable : le sabre dont il se sert avec une grande dextérité suffit à peine pour le garantir de leurs coups; pour comble de maux, la corde qui le soutient au-dessus des profondeurs de l'abîme est soudainement ébranlée par un choc violent. Le malheureux lève les yeux, et s'aperçoit que, dans ses évolutions multipliées, le tranchant de son sabre a coupé une partie de cette corde. Comprenant alors l'immensité de son danger, il demeure un instant immobile de frayeur, un frisson glacial parcourt tout son corps, et l'on conçoit à peine comment, au milieu d'une telle émotion, il eut la force de ne pas lâcher prise et de continuer à se défendre. Cependant la corde monte toujours, et des voix amies l'encouragent; mais il est hors d'état de leur répondre, et quand il atteint le bord du précipice avec le nid d'aigle qu'il n'a pas abandonné,

ses cheveux, auparavant d'un beau noir d'ébène, sont devenus si complètement blancs que ses frères euxmêmes ont peine à le reconnaître. »

Un prêtre polonais m'a dit qu'il avait vu en 1830, un de ses compatriotes, prisonnier politique, dont les cheveux ont complètement blanchi après une nuit de séjour dans la prison.

Je me souviens d'avoir lu, il y a dix à douze ans, je ne sais plus où, le récit d'une expérience bien extraornaire faite, je crois, en Italie. Voici la substance de cette singulière histoire :

On avait livré aux médecins un homme condamné à mort, à l'effet de faire sur cet individu des expériences physiologiques, tendant à prouver et à constater authentiquement le pouvoir immense de l'imagination. On voulait donc savoir si l'idée, ou plutôt la conviction intime de l'existence actuelle d'une hémorrhagie mortelle, qui ne serait pourtant que fictive, pourrait réellement faire mourir une personne. Voici comment on procéda à l'expérimentation : on banda exactement les yeux au condamné, et on l'attacha par les quatre membres sur une table solidement fixée. Gela fait, on piqua les pieds et les bras, à l'endroit où l'on saigne ordinairement, avec une plume à écrire, comme pour simuler l'opération de la saignée, et en même temps, on fit partir au niveau des quatre points piqués, quatre petits jets d'eau produisant absolument le bruit du sang qui sortd'une veine ouverte. Au même moment, un des assistants dit à son voisin tout bas, mais de manière cependant à pouvoir être entendu du patient : « Quel beau sang! c'est bien dommage qu'un tel homme doive mourir en perdant tout son sang ! » Tout cet appareil, ces préparatifs et surtout les piqûres des quatre membres, le bruit d'un liquide reçu dans des vases et les paroles prononcées et entendues, firent une telle impression sur le condamné, qu'il mourut en effet d'hêmorrhagie blanche, c'est-à-dire sans

avoir perdu une goutte de sang, Je ne puis garantir l'authenticité de ce fait, bien que je ne le croie pas absolument impossible.

« Un curé âgé de quarante ans, d'une bonne constitution, éprouva de la toux et de l'oppression accompagnées d'une grande faiblesse. Il se mit au lit, et le lendemain, ces accidents ne s'étant pas dissipés, un officier de santé, appelé près de lui, crut, en raison de la petitesse et de la fréquence du pouls et des menaces continuelles de syncopes, devoir diagnostiquer une péricardite. Le malade, ayant appris qu'il était dans une position fâcheuse, se prépara à mourir, et bientôt, en effet, les symptômes d'une mort imminente parurent se montrer. M.deBoret, ayant été mandé alors, trouva le malade dans une prostration extrême, ne faisant aucun mouvement sans qu'une syncope survînt aussitôt. Il semblait à l'agonie ; mais l'auscultation ne démontrant aucune lésion du côté du cœur, ce médecin porta à haute voix un pronostic beaucoup plus rassurant. Alors le malade, qui ne répondait qu'à peine aux questions qu'on lui adressait et semblait indifférent à tout ce qui se passait autour de lui, présenta bientôt une physionomie différente. Deux heures après, il pouvait se retourner dans son lit, sans menace de syncope. Il se mit sur son séant, adressa la parole aux assistants, et demanda à sortir de son lit. La convalescence était déjà établie. » (Journal de médecine, par Lucas Championnière, mai 1842.)

Des maladies nerveuses, comme épileptiques, hystériques, paralytiques, spasmodiques, etc., produites subitement par quelque violente commotion morale, peuvent guérir de même, par une puissante perturbation de l'âme. On a vu des épileptiques guéris ainsi subitement et sans retour. On cite un paralytique abandonné tout seul dans une maison incendiée, qui se sauva en courant à travers les flammes.

Il peut donc se rencontrer un certain nombre de

faits de guérisons extraordinaires et merveilleuses, qu'il ne faut pas se hâter d'attribuer à l'intervention d'une cause surnaturelle, qu'en d'autres termes il ne faut pas proclamer comme un miracle certain et indubitable. On m'a cité un fait assez récent : une religieuse était à l'agonie depuis quelques jours par suite d'une phthisie pulmonaire. Son suaire était tout prêt pour l'ensevelir. Cependant on lui présente l'image d'un saint qu'elle invoque avec foi, et, au bout de vingt-quatre heures elle est guérie, marche et mange comme ses compagnes. Le grand vicaire fait dresser un procès-verbal, le médecin ordinaire le signe, et atteste que cette guérison est surnaturelle. Un autre médecin se refuse à signer cette pièce, parce qu'il ne voit pas de nécessité d'admettre du surnaturel dans cette guérison subite. Cette malade retombe au bout de deux mois, et succombe enfin décidément à la phthisie pulmonaire.

Il est bon de faire observer que les maladies aiguës graves peuvent aussi se terminer presque subitement par des crises très naturelles. Il ne faudrait donc pas attribuer exclusivement ces solutions heureuses à des causes surnaturelles.

Nous ne prétendons certes pas vouloir insinuer ici qu'il ne faut pas recourir aux moyens spirituels, pour obtenir la guérison des maladies incurables : nous voudrions que dans toutes les maladies quelconques, aiguës ou chroniques, on s'adressât à Dieu, comme au souverain médecin de qui vient toute médecine, aDeo omnis medela. Que peuvent faire nos herbes et nos topiques, si le Seigneur ne répand ses bénédictions sur nos faibles médications matérielles ? Neque herba, neque malagma sanat, dit l'Écriture, sed sermo Domini. Nisi Dominus sanaverit cegros, in vanum laborant qui curant et qui curantur. Aussi nous engageons de toutes nos forces les malades à recourir à Dieu : les moyens

spirituels appuient puissamment les ressources matérielles de la thérapeutique. D'ailleurs l'invocation divine est le cri instinctif du cœur; c'est la voix de la douleur et de la détresse. Toute âme souffrante pousse naturellement un cri vers le ciel ; car toute âme est naturellement religieuse, je dirai même chrétienne, avec un père de l'Église. Tous les hommes en proie aux peines morales et physiques, lèvent instinctivement les yeux au ciel et implorent le secours de la Divinité. Levavi oculos meos in montes, nndé veniet auxilium mihi, dit David. Nous le répétons, nous conseillons souvent à nos malades d'avoir recours aux prières, aux neuvaines, aux saints sacrifices, aux pieux pèlerinages et à toutes les saintes pratiques de la religion. Eh! dans nos malheureux temps, où la foi est presque éteinte et où surtout son impression est presqu3 nulle sur la plupart des hommes, ne doit-on pas recourir à Dieu par l'intercession des saints et surtout de la reine de tous les saints, la divine Marie, lorsqu'on voit que la médecine, bien que ses perfectionnements récents soient incontestables, est encore bien au-dessous de tous les besoins actuels ? Et, en effet, quelle prodigieuse complication d'infirmités ; quel immense assemblage de maux physiques pèse aujourd'hui sur la race humaine ! Nous ne parlons pas ici de la dégradation morale, elle n'est que trop évidente. La dégradation physique, pour être moins sensible, n'en est pas pour cela moins réelle et moins palpable. Il est facile, cher lecteur, de vous en administrer la preuve. Quand la foi diminue chez un peuple, les mœurs se corrompent à proportion : on ne pratique sincèrement que ce que l'on croit fermement, et on ne pratique plus dès qu'on ne croit plus. Le frein religieux brisé, la morale publique et privée est bientôt emportée dans le torrent rapide et bourbeux des passions honteuses. Ce qu'on a semé dans la corruption ne produit que des fruits de mort, c'est-à-dire que la démoralisation amène, et bien

vite, 1'énervation et la dégradation physique de la jeunesse de nos cités populeuses.

[Sur cette question des miracles, on peut invoquer les faits plus ou moins récents qui se produisent dans les grands pèlerinages, à Lourdes notamment, dont la notoriorité est devenue peu à peu vraiment universelle, mais à propos du miracle en général, il est une objection que l'on reproduit souvent et à laquelle il faut répondre : Voyez, dit-on, quelle est aujourd'hui la rareté des faits que l'Église propose comme des miracles à la foi de ses fidèles , voyez comme ces faits tendent à disparaître, à mesure que les lumières de la science devenant plus éclatantes, permettent d'expliquer rationnellement des phénomènes qu'on eût regardés jadis comme merveilleux.

A quoi l'on peut répondre deux choses : 1* Rien ne prouve que les miracles soient aujourd'hui beaucoup moins fréquents qu'autrefois. Si l'on considère ce qui se passe à Lourdes, par exemple, et dans bien d'autres endroits où la foi se manifeste avec ampleur, à Einsiedeln et ailleurs encore, on peut se demander jusqu'à quel point le miracle est devenu rare et quelle est 'époque, sauf les premiers âges de l'Église, où il s'est produit plus fréquemment. — Or, je suppose que l'objection soit exacte et que les miracles soient en effet devenus plusrares; qu'en faudrait-il conclure? — Deux choses seulement, à mon avis : d'abord que nous ne sommes plus aux âges de foi, où la suprême puissance aimait à récompenser ses fidèles et à les combler de joie, en se manifestant àeux d'une façon extraordinaire et comme privilégiée; il faudrait en conclure encore que le miracle, qui était un fait pour ainsi dire nécessaire à l'Eglise, dans ses premiers temps, pour mieux manifester le caractère divin de son institution, le miracle, dis-je, devient actuellement bien moins utile, alors que dix-neuf siècles d'histoire sont là, comme un miracle permanent et une preuve, qui atteste ce

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