LE CELTE NATIONAL EN L AN IV
dant la Terreur, depuis que la loi les a dépouillés de leur traitement et de leur caractère de fonctionnaires publics, les prêtres jureurs « abandonnent insensiblement une cause dont les défenseurs sont abandonnés par ceux-mêmcs qui les avaient chargés de la défendre. Ils cessent de s’intéresser à un gouvernement qui ne les soutient pas et qui manque à ses promesses, les livre à l’indigence et à la déconsidération qui en est la suite inévitable... Les mots liberté, égalité, fraternité, qui depuis longtemps retentissaient dans la chaire, sous la voûte des églises, n’y furent p>lus entendus1 ». Un évêque, aussi influent que Le Coz, évite de prononcer le mot de République, blâme son confrère Grégoire d’avoir proclamé dans une lettre pastorale « avec une espèce d’affectation sa haine contre les rois et spécialement contre le dernier mort ».
Il se défend, il est vrai, dans la même lettre d’être royaliste ; mais qu’il éprouve le besoin de repousser ce reproche, cela est déjà un symptôme significatif. Quelques jours après (19 germinal), n’invitait-il pas ce même Grégoire à remplacer dans l’encyclique des évêques réunis, le mot de République par celui de gouvernement ? « Mes motifs, ajoute-t-il, se devinent facilement. » Ils sont assez visibles en effet "2.
La mission morale de l’Etat d’après les révolutionnaires. — Peu ou mal défendue par le clergé constitutionnel, minée sourdemement par les « honnêtes gens », attaquée avec acharnement par les royalistes et la nombreuse [tresse à leur dévotion, la République est prête à succomber. Les institutions seules peuvent la sauver. Les patriotes, le plus grand nombre du moins, comptent pour les obtenir sur les pouvoirs publics.