I.ES APPROCHES DE FRUCTIDOR
et bon, les cérémonies civiles en font un excellent père et un fidèle époux, les fêtes nationales achèveront son perfectionnement en imprimant au plus profond de son cœur l'amour de la liberté. 11 ne suffit pas ici cpie le spectacle soit simple et touchant. Il faut qu’il frappe l’imagination, les sens, autant que le cœur et la raison. Les fêtes nationales doivent élever l’âme aux plus sublimes idées, et le cœur aux plus grands sentiments. Il faut qu’elles soient une école de dévouement et de sacrifice, que le citoyen en sorte enthousiasmé et grandi, « au point de mépriser la mort et de braver la douleur », pour le bonheur et la gloire de la République.
Naturellement, c’est l’Etat qui doit organiser les fêtes nationales comme les cérémonies civiles.
Tels sont les points principaux traités par La Révellière. Il n’a pas voulu, dit-il, tracer le plan ni les détails des institutions à fonder. Il a signalé le mal et indiqué le remède. C’est assez. Pour les moyens d’exécution, il se borne à quelques conseils généraux : i° Il voudrait que les institutions nouvelles soient uniformes dans toute la France, de telle manière que « dans la plus petite commune de la République, comme dans la plus grande, chaque citoyen reconnaisse partout le même plan, le même objet, les mêmes rites l, les mêmes chants2, etc... »
2° Pour obtenir cette uniformité, il regarde comme une chose essentielle « que l’homme religieux travaille et se repose aux mêmes jours que l’homme civil », autrement dit, il estime qu’il faut rendre obligatoire à tous les Français un jour de repos unique. Ce jour de repos ne peut être, dans sa pensée, que le décadi.
3° Enfin, il conseille de faire dans les cérémonies nouvelles la plus grande place à la musique et de s’inspirer du livre de son ami Leclerc : Essai sur la propagation de la musique en France, sa conservation et ses rapports