La Quotidienne, du icr fructidor
l’impression PRODUITE. - LES CATHOLIQUES I&7
dienne1 2 comparait, au milieu d’un flot d’injures, la théophilanthropie aux Bacchanales antiques. « Ce n’est pas de nos jours seulement qu’on a vu des scélérats cacher leurs criminelles associations sous le voile de certaines initiations et cérémonies religieuses. »
La polémique continuait sur le même ton dans les autres journaux catholiques. Les Nouvelles politiques 2 ne raillaient pas seulement le mesquin autel des théophilaiïthropes « semblable à ceux de l’Opéra » et la médiocrité de leurs hymnes, elles dénonçaient l'aspect sinistre de l’assistance, composée « d’ouvriers qu’on ne rencontre pas dans les ateliers et dont on se détourne sur les quais, d’agents célèbres des comités révolutionnaires, des instruments énergiques de prairial et des aspirants à la Constitution de 93 ». Elles dévoilaient le but caché de la société. Fonder une dévotion populaire sur une idée abstraite comme le déisme, paraissait chose trop absurde pour pouvoir être tentée sérieusement. Qu’on ne se laisse pas prendre à ce trompe-l’œil 1 Les théophilanthropes ne sont, en réalité, que des jacobins masqués : « Serait-il bien téméraire de présumer que quelques chefs échappés de Vendôme3, voyant les sociétés de jacobins défendues et tous les cultes tolérés, eussent imaginé de fondre la société dans ce culte et de la rendre ainsi inattaquable? N’ont-ils pas pensé que, si les affiliations étaient proscrites, la communication entre les fidèles de la même communion serait soufferte, et qu’ils obtiendraient l’avantage trop négligé jusqu’ici de transformer leur système en dogme, de pousser la crédulité au fanatisme et de fortifier les opinions politiques par l’esprit religieux? Je livre ces conjectures à ceux que le malheur a habitués à la prévoyance4. » Ces conjectures, auxquelles les projets avortés des panthéonistes5 pouvaient donner quelque vraisemblance, ne