‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 117 sur 519 · LES OFFICIEUX · texte numérisé non relu

LES OFFICIEUX

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Le Rédacteur ne se bornait pas à répondre aux criliques que le discours avait soulevées; prenant à son tour l’offensive, il dénonçait en termes énergiques le péril clérical et annonçait des mesures nouvelles contre les prêtres, éternels ennemis de la République. Entrant plus directement dans la polémique, le même journal exécutait le faux dévot La Harpe quelques, jours après (19 messidor an Y).

Dans Le Rédacteur encore, le célèbre Thomas Paine écrivait, le 3 thermidor, un éloge des quakers représentés comme les ancêtres des théophilanthropes. Le 5 messidor, le même journal prenait en propres termes la défense fies ihéophilanthropes et s’élevait vivement contre l’accusa lion de jacobinisme, qui leur était lancée par la feuille clichienne, Le Miroir'.

Derrière le journal officiel marchait toute la presse offi cieuse. L Ami des Lois, du représentant Poullier, huit jours après le discours de La Révellière (n° du 19 floréal) faisait l’éloge des théophilanthropes qu’il avait ignorés jusque-là. La même feuille prenait contre Lalande, la défense de la Providence (a3 floréal). Poultier lui-même préparait une nouvelle édition de ses discours décadaires qu’il dédiait aux théophilanthropes. Il affirmait nettement dans la préface que le nouveau culte avait la préférence du pouvoir cl désignait La Révellière comme son protec-

pn explosions frénétiques contre les institutions républicaines; qui exaltent, dans les rebelles, le dévouement aux anciens abus comme l’héroïsme du zèle apostolique..., etc. . — Voyez-les souiller dans toutes les contrées do la République l’esprit de soulèvement et de fureur, commander, au nom du ciel, obéissance absolue à leur culte, au nom de leur culte, le refus de déclaration d'obéissance à la République, faire par leur exemple, par leur prédication, de la révolte un dogme sacré. Voyez ces protestations perfides où l’on menace de Tenter ceux qui reçoivent la liberté... — Comme ils s’attachent à faire croire que la Révolution et la religion ne peuvent subsister ensemble ! \h ! qu’ils craignent de nous forcer au choix !... » Suivent des extraits du Mémoire de La Révellière.

1 « O11 a dit dans un journal et peut-être répété dans dix autres

(car les sottises et les mensonges circulent rapidement à Paris) que l'assemblée des théophilanthropes... est une réunion de jacobins... Non seulement c’est mentir très impudemment que do représenter les théophilanthropes comme des factieux, mais c’est violer à leur égard la loi delà liberté des cultes. » (Voir Aulard, Esprit public, IV, p. 187.)

LES \ l’ PROCHES DE FRUCTIDOR

teur attitré: « Le gouvernement voit avec plaisir se multiplier ces réunions si propres à discréditer le royalisme et à augmenter le nombre des bons citoyens, plusieurs représentants du peuple s’y rendent avec assiduité, et l’on assure même qu’un membre du Directoire, estimé autant par ses vertus privées que par son républicanisme éclairé et ses connaissances philosophiques, est le partisan déclaré de la théophilanthropie : encourager les institutions morales et républicaines est le plus bel usage qu’un magistrat puisse faire de son autorité »

Le Journal des Campagnes et des Armées le Moniteur1 2 3, le Censeur philosophe 4 5, Y Ami du peuple s rivalisaient de zèle dans la défense de La Révellière et des théop h ilan th ropes .

Quoique clichien, Dupont (de Nemours) ne restait pas silencieux: L'Historien faisait l’éloge de La Révellière jusqu’à la veille du coup d’Etat, jusqu’au i4 fructidor6 7. Quelques jours avant le 18 fructidor, il consacrait encore au nouveau culte une longue apologie en réponse au Postillon des Armées.

La presse départementale discuta le discours de La Révellière, à l’exemple de la presse parisienne. Par exemple: le Bulletin de l'Eure 7 du 2 4 floréal, dans un long article sur les fêtes publiques, préconisa les institutions civiles et les institutions domestiques pour arracher la République au péril prêtre.

1. Discours décadaires à l’usage des théophilanthropes, par F. M. Poultier, membre du Conseil des Anciens et rédacteur de L’Ami des lois, seconde édition, an VI, in-8. (Bib. nat., Ld188 3 6).

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