‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 127 sur 519 · I.ES APPROCHES DE FRUCTIDOR · texte numérisé non relu

I.ES APPROCHES DE FRUCTIDOR

Chemin, Goupil de Préfelne, Sobry, Dandolo, Patrin, Creuzé-La louche, Chénier, Andrieux, Servan, protestaient de leurs sentiments de tolérance pour les catholiques, qu’ils étaient très loin de vouloir gêner dans l’existence de leur culte. Il leur suffisait d’obtenir la jouissance de l'église pendant trois heures, dans la matinée de chaque dimanche et de chaque décadi. Ces heures seraient choisies de manière à ne pas entraver les offices catholiques. « La sagesse de nos principes, ajoutaient-ils, la simplicité de notre culte, l’expression du respect qu’ont toujours eu pour lui les personnes de toutes les opinions, quiontassisté à nos fêtes, rue Denis, n° 34, au coin de celle des Lombards, tout vrous garantit que, loin d’être une occasion de trouble, le culte théophilanthropique doit resserrer parmi les citoyens les liens de la concorde et de la tolérance. » Mais, ne sera-ce pas précisément un bel exemple de tolérance pratique et un grand sujet de méditation que de contempler deux cultes, aussi différents que la religion romaine et la religion naturelle, se célébrant en bonne intelligence, côte à côte, sous les voûtes de la même calhédrale? La théophilanthropie, qui est moins un culte qu’une institution de morale, qui exclut toute controverse, qui repose sur les principes admis par toutes les sectes, se devait à elle-même de donner à la France et au monde une telle leçon. Comme elle n’admet pas de sacerdoce et que tous ses adhérents sont dans le cas de remplir les fonctions de lecteurs ou d’orateurs, les pétitionnaires se tiennent prêts, en terminant, à souscrire individuellement la déclaration de soumission aux lois de la République, exigée de tous les ministres des cultes par la loi du n prairial (art. 5). — S’établir de suite à Notre-Dame était un coup d’audace qui montre bien quelles ambitions nourrissaient les théophilanthropes, depuis qu’ils se sentaient encouragés par le pouvoir.

Leur pétition resta pourtant sans effet immédiat. Ils n’entrèrent dans la vieille cathédrale qu’un an plus tard environ. La municipalité du IXe arrondissement s’était déclarée incompétente et avait renvoyé les pétitionnaires

Page 1