I.E Cl LTE NATIONAL EN l’an IA
programme religieux. Ils oui dû renoncer à rendre le culte révolutionnaire exclusif. L’auteur des Observations sur le calendrier républicain , parues le i5 floréal an III1, regrette amèrement qu’on ait laissé perdre l’occasion de supprimer radicalement la superstition : « On a manqué de profiter de l’instant où, fort de l’opinion publique, on pouvait sans peine extirper les préjugés. Lorsque la plus grande partie des citoyens avait, de son propre mouvement, retiré des temples les costumes dont s’affublaient les ministres hypocrites d’un culte exclusif et protecteur de la loyauté... il aurait été facile de prendre des mesures pour faire concorder les jours de travail, de repos, de réunion des citoyens avec le calendrier républicain... Mais avant que la révolution fût achevée, on a prêté l’oreille aux perfides insinuations de ces prétendus amis de l’équité qui ont toujours su adroitement profiter des faiblesses du gouvernement... » « ... Cette distribution (des jours dans le nouveau calendrier) qui, ne concordant avec les cultes d’aucune secte, déroute les gens superstitieux, écarte les préjugés, est la plus convenable à une nation qui veut tolérer toutes les religions sans permettre pour aucune des pratiques extérieures. »
Les conventionnels ont rouvert les églises, autorisé de nouveau la prédication publique d’une religion, qu’ils considèrent pourtant comme une plaie du corps social, un danger permanent pour la République et pour le genre humain. La liberté des cultes, réduite jusque-là à une vague formule légale, recommence à exister réellement. Il semble qu’on puisse dater de cette époque le régime de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Ce n’est là pourtant qu’une apparence, car, ni en fait ni en droit, l’Etat révolutionnaire n’est neutre en matière religieuse.
Le culte révolutionnaire subsiste en principe. — En proclamant le libre exercice des cultes, les conventionnels thermidoriens n’ont pas abrogé les décrets et arrêtés qui
l, t onds Gazier, 82,