LE PARTAGE DES ÉGLISES. - LES CONSTITUTIONNELS
leur premier mouvement avait été de laisser le champ libre à ceux-ci, de se refuser à toute conciliation, à toute compromission avec les ennemis de l’Evangile. « Pouvaient ils exercer leur religion et prêcher les vérités révélées dans le même local où l’erreur venait les combattre 1 ? »
Quand, le 17 septembre 1797, les théophilanthropes rendirent visite aux administrateurs catholiques de Saint- Thomas d’Aquin, pour leur faire part de leur intention d’occuper l’église, ceux-ci résolurent de transporter leur culte dans une chapelle voisine. Mais la propriétaire de cette chapelle, une dame Boutin, était alors à la campagne ; ils 11e purent donner suite à leur projet et durent consentir , la mort dans l’âme, à partager l’église avec les théophilanthropes "2 3.
L’un des premiers, le curé de Saint-Etienne-du-Mont, Le Blanc de Beaulieu, avait donné l’exemple de la résignation à ses collègues. Dans une conférence qui eut lieu dans son église :î, au moment où les théophilanthropes vinrent s’y établir4 5, il exposa avec beaucoup d’ingéniosité les raisons décisives que les constitutionnels avaient de rester à leur poste. Répondant d’abord à ceux qui déclaraient crime de tradition le fait de partager l’église avec les hérétiques, Beaulieu démontrait qu’ « il 11’y aura pas tradition. Le crime suppose la concession libre et volontaire d’une chose qui est à nous et dont nous avons le droit de disposer. Or nous ne sommes pas propriétaires.