Grégoire ( Histoire des Sectes, I, p. 38o
2. V. Pierre, L’église Saint-Thomas d’Aquin pendant la Révolution, p. 44, 1887, in-8.
3. C’est peut-être à cette conférence que Grégoire fait allusion clans le passage cité. Histoire des Sectes, 1. p 38o.
4. Les théophilanthropes inaugurèrent le temple du Mont-Panthéon (Saint-Etienne du Mont) le 3o vendémiaire an NI.
5. Les traditeurs étaient punis par les canons ecclésiastiques de
très fortes peines. Grégoire cite un exemple de tradition, qui fut probablement invoqué dans cette même conférence tenue à Saint-Etienne du Mont par les adversaires du partage : « Ceux (les prêtres) qui
penchaient vers la négative rappelaient l'indignation des Martiniquais en apprenant que l’évêque de Québec avait laissé faire le prêche dans sa cathédrale. » ( Histoire des Sectes, I, p. 38o).
Mathiez.
Iü
2 36 LE LENDEMAIN DE l'RUCTlDOll V PARIS
La nation qui l'est nous déclare qn’elle se réserve l’usage de sa chose à tel jour et à telle heure. Quand ce jour et cette heure sont arrivés, le catholique ne concède pas, il cesse d’user et remet la chose au propriétaire, il est purement passif et dès lors il n’est pas traditeur1. »
D’ailleurs, les deux cultes seront complètement séparés. Il n’y aura pas communication in divinis avec les théophilanthropes. Les fidèles n’assisteront point à leurs exercices, sans commettre une « faute considérable ». Sans doute, le temple sera profané, mais les catholiques n’en seront pas responsables, puisqu’ils ne sont pas propriétaires du local : « La profanation dans ce cas ne retombe que sur les profanateurs. Les blasphèmes ne souillent que le blasphémateur. C’est là la vraie profanation. Celle des temples matériels n’est qu’extérieure et figurative ». Donc les catholiques peuvent rester. « Il n’en résultera qu’une gène et la violation d’une loi de discipline qui cède à la nécessité. » — Non seulement ils peuvent rester, mais ils doivent le faire. Qu’arriverait-il, s’il abandonnaient complètement les églises aux impies ?
i° Au lieu de servir la religion, on lui ferait une plaie irréparable. Privés des églises, il nous faudra nous rassembler dans des chambres. La grande partie du peuple sera donc dépourvue de tous les moyens de sanctification, que lui fournit encore la publicité du culte.
Le peuple ira aux exercices des théophilanthropes, il s’accoutumera à se dire religieux sans avoir de religion. L’apostasie générale se consommera et, quoiqu’elle paraisse inévitable, nous serions responsables à Dieu et aux hommes de n’avoir pas fait tout ce qui est en nous pour la retarder.
2° Même parmi les personnes plus attachées à la religion que le commun du peuple, il y en aura beaucoup à qui la clandestinité sera un prétexte pour ne pas venir, pour s’abstenir de la confession et tomber dans le relâchement.
3° Le mal sera peut-être sans remède, car si l'on abandonne les temples, ils seront probablement perdus sans retour. —
i. Extrait d’un manuscrit de Leblanc de Beaulieu intitulé: « Résultat d’une conférence qui a eu lieu lorsque les théophilanthropes sont venus s’établir dans notre église. » (Fonds Gazier, recueil manuscrit n° 29.) Les analyses et citations suivantes sont tirées de la même source.