I,E PARTAGE DES ÉGLISES. — - LES CONSTITUTIONNELS
Sans voir qu’il sc contredisait, Beaulieu, après avoir peint l’avenir sous de sombres couleurs, ajoutait cependant :
4° H est probable que le nouveau culte ne s'affermira pas. Diverses expériences déjà faites, et la nature des choses donne lieu de le penser. Il vaut donc mieux souffrir cel le tribulation qui ne sera que passagère.
Et il terminait en invoquant, pour justifier sa llièse, l’exemple de certaines églises d’Allemagne, consacrées à la Ibis au culte catholique et au culte protestant.
11 aurait pu rappeler aussi l’exemple de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, que se partagent les différentes sectes chrétiennes '. Les curés de Paris se rendirent à ces raisons et consentirent, avec plus ou moins de bonne grâce, à continuer leur ministère dans les églises, profanées désormais par les impies. Quelques intransigeants pourtant condamnaient celte conduite. Beaulieu, quoiqu’il en eût, fut traité de traditeur, dans une brochure intitulée fncompnbilité de deux cultes dans un temple ou Analyse des lettres écrites par les Dominicains de la Martinique en 1763, lorsqu'on a voulu les obliger à admettre dans leur église le rit anglican'. Il répondit à celte attaque dans son prôme du dimanche de la Passion1 2 3, et la masse des fidèles constitutionnels lui donna raison.
L’cxemple de Le Blanc de Beaulieu fut suivi. L’évêque de Goutances, le « sage » Bécherel, comme l’appellent les Annales de la religion 4, transigeait avec les fêtes républicaines comme celui-là avec les cérémonies Ihéophilanlhro-
1. Grégoire suggère cot exemple (Histoire des Sectes, I, p. 38 1 ) .
2. En i~63 les Anglais ayant pris le fort Saint-Pierre, ordonnèrent aux missionnaires dominicains de laisser les églises libres, à certaines heures du dimanche, pour le culte anglican. Les missionnaires s’y refusèrent et finirent par obtenir gain de cause. Voir Grégoire ( Histoire des Sectes, I, p. 38o). A noter une faute d’impression dans le texte de Grégoire : l’]i)2 au lieu de 17b}.
3. Le discours de Beaulieu fut publié dans le Journal rcUcjieux, n° 3, et reproduit dans les .Y omettes ecclésiastiques, du 18 juillet