T. VI, nu
aaS LE LENDEMAIN DE FRUCTIDOR A PARIS
piques. Il conseillait à ses diocésains, dans une instruction « touchante et pleine de raison », de ne point s’alarmer de la présence dans les églises des emblèmes du culte national. « Mes frères, cette statue que vous voyez dans la nef de cette église, n’est point une déesse, ni une idole exposée à l’adoration du peuple ; c’est uniquement l’emblème de la liberté française qui présente la constitution de l’an III, constitution à laquelle nous avons juré attachement et fidélité, en un mot le signe de l’allégresse publique à l’occasion des triomphes de la République et de la paix qui les couronne... »
Conférences préparatoires entre catholiques et théophilantiiropes. — -A Notre-Dame. — A Paris, les administrateurs catholiques se résignèrent presque partout à discuter avec les administrateurs théophilantbropes le partage des églises. Nous connaissons par le menu une au moins de ces conférences, celle qui eut pour objet la prise de possession de Notre-Dame. Le récit nous en a été conservé par le registre de délibération de la société catholique de cette église 1 2 3 et par un long article des Nouvelles ecclésiastiques b
Sur la demande du conseil d’administration des théophilanthropes de Notre-Dame, les administrateurs catholiques de la même église tinrent, le i5 ventôse an VI (5 mars 1798) j, une séance extraordinaire pour conférer en commun sur les dispositions à prendre. Les théophilanthropes se présentèrent au nombre de cinq. Le citoyen Chassant, lecteur-surveillant du nouveau temple4, porta la parole en leur nom. Il commença par donner lecture des actes officiels, qui décernaient à ses coréligionnaires l’usage de l’édifice. — « Votre intention est-elle de vous
1 . Nous devons à l'inépuisable obligeance de M. Gazier la communication de ce registre, dont M. Gazier d’ailleurs avait déjà fait usage dans ses Etudes sur l’histoire reliyieuse de la Révolution.