Expressions des Nouvelles ecclésiasliiitics
pour décorer le lemple « d’une manière digne de sa majesté ». Ils feraient des réfections et répareraient notamment; la méridienne des galeries du chœur. Leur intention bien arrêtée enfin était d’incommoder le moins possible leurs frères catholiques. Ils ne célébreraient leur culte que les décadis et quintidis et, à dater de la fin de germinal, ils feraient en sorte de ne jamais occuper le temple les dimanches.
Le langage de Chassant fut accueilli avec froideur par les administrateurs catholiques. L’un d’eux répéta qu’il était extraordinaire que les théophilanthropes voulussent s’établir dans le chœur « contre leur usage ordinaire d’occuper seulement la nef ». Chassant répliqua que sés collègues et lui n’innovaient en rien, il cita l'exemple des théophilanthropes de Saint-Roch, qui avaient quitté la nef de ce temple pour le chœur. La discussion devenait acerbe. Un catholique s’emporta : « On voit bien que les théophilantrophes veulent nous exiler du chœur ! » La conférence se termina sans qu’aucune résolution formelle fût prise. Les catholiques annoncèrent qu’ils voulaient auparavant consulter le « chef de leur culte1 ». Après le départ des théophilanthropes, ils décidèrent d’abandonner le chœur — le culte catholique ne pouvant « s’allier avec un culte qui n’est pas le sien » — , d’enlever leur autel et de le placer contre la porte latérale du côté Nord. Quelques jours après, ils arrêtèrent aussi de ne plus faire usage de l’orgue2.
De toutes les conférences qu’eurent entre eux les administrateurs des deux cultes au moment de l’installation de la théophilanthropie, nous ne connaissons en détail que celle dont Notre-Dame fut le théâtre. Mais de ce qui se
1. C’était alors Clausse, ancien curé constitutionnel de Saint-André-des-Arts (voir Gazier, Eludes sur l’histoire religieuse de la Révolution, p. 3a6).
2. Cette décision ne fut d’ailleurs pas strictement exécutée. L’orgue oontinua à être touché les jours de grandes fêtes pour « répondre au désir du citoyen-évêque (Royer) ». (Voir Registre des délibérations des administrateurs catholiques de N.-D., notamment à la date du 18 nivôse an VII ; Fonds Gazier).