‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 169 sur 519 · Voir le chapitre suivant · texte numérisé non relu

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2. Par exemple dans le Doubs, dans l'Ardèche. Ainsi, on lit dans le registre de la correspondance du Directoire (Arch. nat., *AFIM 89, n° 3 106), à la date du 22 nivôse an VI : « Un théophilanthrope du département de 1 Ardèche adresse une pièce intitulée la Repentance du clergé papal.» Or il n’y avait pas de société théophilanthropique dans 1 Ardèche, h notre connaissance du moins. — On lit, dans /. Indépendant du 12 vendémiaire an VI, sous la signature

qu’à Paris les questions religieuses font le sujet de tous les entretiens1 et que les cérémonies des théophilanthropes attirent une nombreuse affluence. Sans doute, ce public, qui les fréquente, est composé d’adversaires et de curieux autant que d'amis. Parfois des manifestations lapageuses se produisent jusque dans l’intérieur des temples, mais ces troubles mêmes prouvent la vitalité et la croissance du nouveau culte.

Malgré les attaques et les railleries dont il est l’objet, il recrute des adhérents chaque jour plus nombreux. Les familles lui confient l’éducation religieuses de leurs enfants. Le io vendémiaire an YI, à Saint-Rôcli, « plus de vingt enfants » font leur première communion théophilanthropique2. Le baptême et le mariage théophilanthropiques deviennent de mode dans certains milièux.

Nouvelles écoles. — De nouvelles écoles s’ouvrent dans les principaux temples. Gobain, lecteur-surveillant de la Réunion (Sainl-Merry), à l’étroit dans le local où est établie son école, sollicite du ministre de la police (en prairial an YI) des locaux supplémentaires. Cinquante élèves, dit-il, sont inscrits pour suivre ses cours3. Chemin dirige lui-même l’école des deux sexes du Mont-Panthéon (Saint-Etienne-du-Mont) qui compte plus de cent auditeurs. Le 20 ventôse an YI, dans un Discours sur la

Destival : « Lorsqu’on T-erra un brave patriote un peu éclairé, un époux tendre, un ami vrai, il faut que l’on dise au même instant: c’est un théophilanthrope. »

1. « Les matières de religion gagnent les entretiens dans les lieux où il n’en avait été nullement question jusqu’à ce jour...» (Rapport du 12 brumaire, dans Aulard, Esprit publie, IV, 42g).

2. Le 12 ventôse an VI (2 mars 98), le Bureau central constate que le culte des théophilanthropes a eu lieu le 10 « avec ordre et décence, mais le respect et même le recueillement des assistants ont été particulièrement sensibles aux temples ci-devant Saint-Roch et Sainl- Sulpice : on a remarqué, dans le premier, plus de vingt enfants tous inscrits pour être admis aux préceptes de morale qui font la base de ce culte, et, au sortir de ces temples, on ne remarque plus, comme avant, de ces groupes concertés à l’avance et occupés à décrier la doctrine des théophilanthropes » (Rapport du Bureau central dans Aulard, Esprit public , IV, 55g).

8. Tout le dossier consacré à cette demande est aux Arch. nat., F” ^338. — Sur la réponse qu’on y fit, voir plus loin.

XOl VELLES ÉCOf.ES

bienfaisance et sur les moyens de faire prospérer les écoles l, il faisait l’éloge de l’enseignement théophilanthropique, félicitait ses élèves de leurs progrès et de leur bonne tenue.

« Il est facile de voir à leur exercice public des quintidis, disait-il, combien l’application et la douceur qu’on met à les instruire sont favorables à leurs progrès. Ils éprouvent déjà l’avantage de vivre sous un gouvernement républicain. On ne leur apprend que les choses qu’ils comprennent, on égaie leurs études, on les aiguillonne et on les soutient par l’émulation. Ce ne son! plus des esclaves qu’il faut envoyer de force à l’école et qu’on est obligé de contenir, lorsqu’ils y sont, par des châtiments. Ce sont des enfants libres qui se rendent avec joie à des classes dont ils sentent l’utilité, et qu’ils commencent et terminent par des chants. Certes, ils seront républicains, ces jeunes élèves, l’espoir de la patrie, dont l ame n’aura jamais été comprimée par la crainte. » Toujours pratique, il se préoccupait de l’avenir de ses élèves, se montrait désireux de leur apprendre une profession et exhortait les patrons théophilanthropes à leur réserver des emplois. « Nous espérons les exercer à des arts utiles. Déjà, sous quelques jours, les filles de l’école établie dans ce temple vont apprendre, sous la direction d’une ouvrière, à marquer le linge, à tricoter, à coudre, et généralement les travaux ^ de l’aiguille. Sans doute aussi nous trouverons les moyens d’occuper utilement les garçons... Que ceux qui ont besoin d’apprentis viennent les choisir parmi les meilleurs sujets de cette école... » Win d’attirer à la théophilanthropie les enfants du peuple, Chemin voulait créer des bourses en leur faveur. « Imposez-vous quelques sacrifices pour qu'il y ait un certain nombre d’enfants élevés gratuitement. » Pour les autres, la rétribution scolaire était assez minime: un franc par mois.

Dans leur premier temple, fut? Denis, les théophilanlliropes donnaient, tous les quintidis, un cours public de 1/ morale religieuse aux enfants des deux sexes. Le cours

i. Bit), uat., Ldls:’ 5o, pièce.

était précédé d’une fêle religieuse, dans laquelle les enfanls étaient formés au chant des hymnes et cantiques sous la directiond’un maître de musique. Tous les arrondissements de Paris devaient avoir, dans la suite, des cours semblables1.

Le gouvernement subventionnait les écoles théophilanthropiques, il accordait deux cent cinquante livres à celle de Chapuis, la plus ancienne de toutes2.

Nouveaux missels. — Le Rituel. — Le comité de direction morale mettait à la disposition des fidèles et des lecteurs de nouveaux manuels, dont Chemin continuait d’être l’auteur et l’éditeur. Pour remplacer le recueil de cantiques, paru avant le 18 fructidor, il publiait un Rituel qui le complète et le rectifie 3. — ■ Comme son nom l’indique, le Rituel se proposait de régler, jusque dans le menu détail, l’ordre des cérémonies. Par là, il rapprochait de plus en plus la théopliilanlluopic des religions positives.

Maintenant, au début de la cérémonie, avant le chant d’introduction, des enfants qui ressemblent fort à des enfants de chœur déposent la corbeille sur l’autel. Le Rituel ajoute : « On peut aussi brûler de l’encens. » — L'exercice (autrement dit la messe) a changé de nom et s’appelle un service. Le prêtre théophilanthrope, dans les services publics, doit porter un costume4', alors que cette obligation manquait dans le recueil d’hymnes.

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