‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 170 sur 519 · D’après L’Echo des théophitanlhropes, n · texte numérisé non relu

D’après L’Echo des théophitanlhropes, n

2. Ce renseignement nous est fourni par Chapuis lui-mème, dans une lettre à Sotin du 7 nivôse an VI. Chapuis ajoute: «Je me suis aperçu après que si j’avais demandé cinq cents livres je les aurais obtenues ». Arch. nat., F' 7338.

3. Rituel des tkéophilanlhropes, contenant l’ordre de leurs différents exercices et le recueil des cantiques, hymnes et odes adoptés dans les différents temples, tant de Paris que des départements ; rédigé , quant à la partie des invocations et formules, publié cl distribué, quant à la partie des chants, par.). -B. Chemin, auteur des livres élémentaires delà théophilanthropie ; à Paris, chez l’éditeur, rue de la Harpe, n» 307, près celle du Foin, an VII, in-8 (Bih. nat., Ld188 6).

Un tunique bleu céleste prenant depuis le col jusqu’aux pieds, ceinture rose et robe blanche par dessus, ouverte en devant.

NOLVEAl \ MISSELS

Apr ès le chant d'introduction, Cliemin place une Invitation au recueillement , également absente du précédent missel. Dans les morceaux qu’il conserve, il fait des changements significatifs. Ainsi le Recueil mettait dans la bouche du lecteur, procédant à l 'examen de conscience, ces paroles peu égalitaires : « Maîtres , traitons-nous nos domestiques, etc... » Le Rituel fait disparaître le mot maître et remplace domestiques par « subordonnés ». La définition de la justice, qui se trouvait dans ce même morceau, est également modifiée. On ne lit plus dans le Rituel que la justice est « la loi que nous impose notre propre intérêt » ; la définition avait sans doute prêté le flanc à de faciles critiques. Dans Y Invocation pour la Patrie, les rectifications sont aussi importantes. Le Recueil avait proclamé rattachement des théophilanthropes au « gouvernement », le Rituel remplace gouvernement par patrie. « Si l’ennemi nous attaque, poursuivait le Recueil, puissions-nous garantir nos champs de la dévastation et nos maisons du pillage. » Le Rituel supprime ces phrases malsonnantes et de mauvais augure. Quelle apparence, en effet, que les Français doivent envisager, l’éventualité d’une invasion, quand ils viennent d’imposer à leurs ennemis la glorieuse paix de Campo Formio ! O11 lisait encore, dans VInvocation pour la Patrie, cette phrase innocente qui fit sourire : « Que le jeune homme conserve ses mœurs ! la jeune fille son aimable pudeur ! » Le Rituel s’exprima en termes plus généraux : « Que la jeunesse conserve ses mœurs ! »

Mais c’est surtout par l’abondance des morceaux de toute nature que le Rituel diffère du Recueil. Dans celui-ci, 011 rencontre la plupart du temps celte simple indication : « On chante un. hymne », « on fait une lecture », lectures et hymnes ne sont [tas autrement spécifiés. Les hymnes publiés sont en tout au nombre de quatorze. Le Rituel est infiniment [tins précis et plus riche, le nombre des b\mnes passe à trente et un. \u lieu de figurer à la fin du volume, pèle mêle, ils sont insérés à la place que chacun d’eux doit occuperai! cours de la cérémonie.

Pour faciliter la tâche des lecteurs, le Rituel leur offre un choix de discours à prononcer dans l’exercice de leurs fonctions les plus importantes : discours « pour la célébration de la naissance d'un enfant » ; discours « pour une distribution de prix à la suite du cours d’instruction morale « (entendez du catéchisme) ; discours « pour la célébration d’un mariage » ; discours « pour une commémoration de décès ».

La tiiéophilanthropie et ees fêtes nationales. — Innovation plus importante que toutes les précédentes: outre leurs fêtes particulières, les théophilanthropes célèbrent maintenant toutes les fêtes nationales : la fête de la fondation de la République, le Ier vendémiaire; la fête de la souveraineté du peuple, le 3o ventôse; la fête de la jeu nesse, qui coïncide avec leur fête particulière du printemps, le io germinal; la fête des époux, le io floréal; la fête de la reconnaissance, le 10 prairial; la fête de l’agriculture, qui coïncide avec leur fête particulière de l’été, le io messidor; la fête de la liberté, le io thermidor ; les fêtes anniversaires du i/| juillet et du ioaoùt; la fête des vieillards, le 10 fructidor. Pour chacune de ces fêtes, le Rituel donne des hymnes.

Voici, à titre d’exemple, les quatre couplets de l’hymne de la fondation de la République :

Le grand jour où la liberté Réduisit un trône en poussière,

Et rendit à sa dignité Le premier peuple de la terre :

Sur nos devoirs et sur nos droits,

Le jour heureux qui nous éclaire ;

C’est lui que célèbrent nos voix:

De nos têtes, c’est la plus chère.

Salut, honneur au nom français,

A la république immortelle,

Oui doit aux peuples pour jamais Servir de lien, de modèle!

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