‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 18 sur 519 · LE C LITE NATIONAL EN LAN IV · texte numérisé non relu

LE C LITE NATIONAL EN LAN IV

fêtes nationales cl ses cahiers de musique, qui paraissent tous les mois, envoyés gratuitement aux autorités. Enfin, comme si elle avait eu un remords de n’avoir pas réussi à organiser la religion civique, la Convention instituait, avant de se séparer, sept l'êtes nationales1, destinées du moins à esquisser l’œuvre future. « Ce que nous vous proposons, disait le rapporteur Daunou (27 vendémiaire an IV), n’est qu’un essai qui devra, dans des temps meilleurs, recevoir des développements utiles. Au milieu des cultes divers, librement exercés, mais soumis aux lois de la République, le patriotisme deviendra bientôt le culte commun de tous les Français2. » Ainsi diminué et comme étriqué, le culte révolutionnaire — celle branche de l’Instruction publique, comme on disait — continuera à végéter obscurément sous le premier Directoire, jusqu’à ce que le rétablissement des fêtes décadaires, à la fin de l’an VI, vienne lui rendre, pour un temps éphémère, un peu d’animation et de vie.

Le culte révolutionnaire sous le premier Directoire.

- — Au début de l’an IV, malgré les échecs réitérés du pouvoir à doter la République d’un organisme moral et religieux adapté à la nature du régime, chez beaucoup de patriotes l’illusion persistait que l’Etat seul était autorisé à entreprendre cette œuvre de salut et seul capable de la mener à bien. Se tournant vers le Directoire comme ils s’étaient tournés vers la Convention, ils recommencent à réclamer des institutions.

1. Loi du 3 brumaire an I] , litre VI: Fêles nationales, art. 1 : Dans chaque canton de la République, il sera célébré chaque année 7 fêles nationales, savoir : celle de la fondation de la République le Ier vendémiaire, celle de la jeunesse, le 10 germinal, celle des époux, le 10 lloréal, celle de la reconnaissance, le 10 j irai rial , celle de l’agriculture, le io messidor, celle de la liberté, les p et 10 thermidor, celle des vieillards, le 10 fructidor. Art. n : La célébration des fêtes nationales des cantons consiste en chants patriotiques, en discours sur la morale du citoyen, en banquets fraternels, en divers jeux publics propres à chaque localité, et dans la distribution des récompenses... »

2, Manieur, n° du 2 brumaire an IV,

LE CELTE nÉvOLtrriOXNAItîE SOCS LE l'REMIEU DIRECTOIRE 2Q

Les journaux républicains sont unanimes. Tous invitent le Directoire et les Conseils à organiser promptement les fêtes nationales et décadaires1 : « Directoire! s’écrie la Décade 2 3, ne mollis jamais sur l’article des fêtes nationales... Ce sont là des solennités qui charment les républicains, c’est dans ces institutions qu’est la base de la République. » Une longue pétition adressée au Directoire trace en détail le programme du culte civique tant désiré : — « Que chaque décadi, toutes les communes de la République voient donc enfin s’ouvrir de nouveaux temples, où se rassembleront, pour s’embraser d’un feu sacré, tous les enfants de la Patrie, qui doit désormais devenir la première divinité des Français’... »

Les cartons du ministère de l’Intérieur du Directoire sont remplis de pétitions et de projets analogues concernant les institutions républicaines4. On peut dire que la question est toujours d’actualité. Elle reste comme en permanence à l’ordre du jour des conseils et du Directoire.

Les députés Creuzé-Latouche, Daubermesnil, Bontoux, etc., la traitent à diverses reprises à la tribune des Cinq-Cents5. En ce temps-là, on traçait des projets de religion nouvelle avec la même facilité que plus tard on élaborera des plans de cité future. Aux sept fêtes nationales instituées par le décret du 3 brumaire, les Conseils en ajoutent trois autres : l’anniversaire de la mort de Louis XYI (21 janvier), le i4 juillet elle 10 août6.

1. Voir notamment la Décade des 20 germinal, 3o prairial, 3o messidor an IV.

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