‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 19 sur 519 · Journal du Bonhomme Richard (n° du 1 4 ventôse an IV · texte numérisé non relu

Journal du Bonhomme Richard (n° du 1 4 ventôse an IV

4. Lettres du citoyen Sevestre, messager d’Etat (19 thermidor an IV, — du citoyen J. -G. Lacuce, représentant du peuple (11 thermidor an IV), — du citoyen Saulnier (8 fructidor an IV), — du citoyen Arnauld (1er thermidor an IV), du citoyen Labouret fils (27 frimaire an IV), — du citoyen Le Bœuf (i) fructidor an IV), etc. Arch. nat., F* G1 85.

5. Voir dans le Moniteur les séances des 3 pluviôse, 7 lloréal, 2) messidor, 5 thermidor IV.

fi. La fête du 21 janvier avait déjà été décrétée par la Convention le 2plu\iôseel le 18 lloréal an 11, le 21 et le 2(5 nivôse an III. Elle fut ordonnée de nouveau et réglementée par les lois du 23 nivôse an

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1 F. Cl LTE NATIONAL EN L AN IA

Le gouvernement, enfin, paraît prendre tout à fait an sérieux son rôle d’cducateur de l’opinion publique, de directeur de la morale républicaine. A la fin de l’an IV, il insérait dans le Rédacteur, journal officiel1, cet article qui a la valeur d'un programme :

La République existait, mais les lumières, les coutumes, les institutions qui doivent la consolider, n’existaient pas encore. 11 appartenait au gouvernement actuel, chargé par les lois et par la propension do ses principes, autant que par l’intérêt de son existence, de l’honorable soin de la consolider, d’employer à ce but l’utile moteur des fêtes publiques, d’en faire chérir les maximes, par l’attrait naturel des délassements et des spectacles, cl île mettre en quelque sorte en représentation les vertus les plus propres à lui servir d’appui pour en rendre le culte agréable et familier.

Tous les législateurs des peuples libres ont su ménager et employer habilement ces espèces de commotions électriques, qui impriment à la fois à tout un peuple une même pensée, celle d’une vertu, qui identifient lous les citoyens par l’esprit de fraternité qu’inspirent des jouissances communes, instants de bonheur pour les âmes sensibles, goûtés d’avance par l’espoir de les voir renaître, goûtés après qu’ils se sont écoulés par le souvenir qui les perpétue.

Sans les principes de morale qui découlent de ces institutions, en vain le législateur prodiguerait-il les lois pénales; les lois peuvent bien réprimer les crimes, elles sont impuissantes contre les vices; ceux-ci leur font une guerre sourde et lente, mais dont l’influence est terrible, lorsqu’elle n’est pas contrebalancée par les honneurs publics attachés à l’exercice des vertus. Les mœurs sont aux lois ce que la vertu est à la probité ; ils sont plus puissants qu’elles ; ils agissent par l’opinion qui est plus forte que la crainte: enfin, pour qu’une République soit stable, il ne suffit pas qu’elle ait exposé aux ennemis des généraux et des négociateurs habiles ; il faut encore qu’à la licence et aux vices qui tendent à tout détruire, elle sache opposer les coutumes et les vertus qui tendent à tout conserver.

C’est par elles que s’établit celte pudeur publique, qui fait

IV et îles 18 cl 24 nivôse an V. Les fêtes du i4 juillet cl du ioaoùt, omises dans le décret du 3 brumaire, furent décrétées à nouveau par la loi du ro thermidor an IV.

3. Rédacteur du 23 fructidor an IV (vendredi 9 septembre 1796). L’article est peut-être de La Révellicre.

LE o r. TE RKVOEUTlONNAlRE SOI S T.E PREMIER DIRECTOIRE 01

rougir rie son ingratitude envers la patrie tel homme qui braverait l’empire des lois.

Moïse n’employa que dix articles pour ses lois et un livre entier pour les institutions, les cérémonies elles l'êtes publiques ; aussi son peuple, par scs mœurs, a-t-il survécu pendant vingt siècles à son existence politique. On peut en dire autant du christianisme qui, plus puissant par scs fêtes et scs cérémonies rpie par ses dogmes, a soutenu pour elle des guerres terribles, dont des principes abstraits n’auraient jamais pu cimenter la fureur.

Ainsi, c’est sur les volontés, encore plus que sur les actions, sur les habitudes plus que sur les lois, que le véritable homme d’Etat étend son empire. Il substitue insensiblement leur force à celle de l’autorité. S’il pouvait obtenir par elles que tout le monde lit bien, il n’aurait lui-même plus rien à faire et sous ce rapport le chef-d’œuvre d’un gouvernement serait de pouvoir rester oisif.

Ceux cpii ont cherché à verser le ridicule sur une telle fête l, par cela seul qu elle n’était pas de nature à provoquer un grand rassemblement de citoyens, n’ont pas observé que pour remplir son but, il suffisait qu’elle fût l’occasion d’une exhortation familière que chaque père de famille a pu faire le même jour à ses enfants et ils ont oublié surtout combien une institution publique ajoute de force à ces sortes de leçons sur l’esprit de la jeunesse.

En conformité avec ces déclarations, le Directoire prend soin de tracer lui même par des arrêtés spéciaux le programme de chaque fête. Le ministre de l’intérieur, Bénézecli, rédige, le 27 ventôse an V, une instruction sur la célébration des fêtes nationales, « à l’usage des commissaires du Directoire près des administrations départementales et municipales2 ».

Les organes centrai x du eu et b répuheicain. — 11 existe au ministère de l’Intérieur une direction générale de l’Instruction publique confiée à Ginguené, l’ancien rédacteur de la Fciulle villageoise. Parmi scs attributions, ne figurent pas seulement l’instruction publique mais

1. Il s’agissait de la fête de la \ ieillosse, dans laquelle avait figuré la musique de l’institut des aveugles.

2. Imprimée à part (I5ihl. de la \ . de I*. 12272), et insérée dans le Rédacteur du 10 germinal an N .

t.E CULTE NATIONAL EN l'an IV

aussi la morale publique, les fêtes nationales, les institutions républicaines. Sous ses ordres, un ordonnaient- en chef des l'êtes nationales, le citoyen La Cliabeaussière1, dirige le côté matériel du culte républicain, et « range, découd, classe, etc., » les civiques oripeaux que renferme le dépôt ci-devant des Menus.

La partie morale de la propagande républicaine est confiée « à un bureau des fêtes nationales, des théâtres, et des monuments », dont « le grand objet » « est d’améliorer peu à peu les mœurs, de procurer au peuple l’in slruction qui lui est nécessaire, de l’attacher à ses nouvelles lois à l’aide des fêtes nationales, des jeux utiles, solennités et cérémonies publiques, etc...’2 ». /Vu Conservatoire de musique reste confiée la partie esthétique du culte républicain. Les ministres font distribuer aux différentes administrations et aux armées de terre et de mer les chants el hymnes patriotiques, que le Conservatoire publiait chaque mois dans le Journal des chants civiques3.

1. La Cliabeaussière fut nommé ordonnateur sur la proposition de Ginguené, le i3 prairial an IV (Arch. nat., F1 C1 85). Ses fonctions sont décrites dans une note de Ginguené en date du 28 thermidor an IV (même dossier).

2. Rapport sur les opérations du bureau (Minute, Arch. nat. F1 G1 84). En l’an IV, le bureau était composé de Amaury-Duval, chef, Félix Nogaret, sous-chef, Cézeaux, employé, Tribolin, expéditionnaire. Ce bureau ressemble assez par ses attributions à l’ancienne commission de l’Instruction publique.

3. Par exemple, le ministre de l'Intérieur écrit au ministre de la Guerre, le 4 germinal an IV : « L’ancien comité de salut public, citoyen collègue, avait chargé le Conservatoire de musique de lui fournir les chants patriotiques en nombre suffisant pour les transmettre aux armées de la République; aujourd'hui, cette disposition n’existe plus; ce n’csl que par la voie des abonnements, pour le nombre d’exemplaires nécessaires à chaque ministre, qu'ils pourront répandre dans leur département ce genre d’instruction républicaine, auquel il est intéressant de rendre son cours. — Je vous invite donc, mon cher collègue, à me faire connaître combien vous voulez qu’il soit distribué d’exemplaires dans l'armée de terre du Journal des chants civiques, dont il paraît un cahier par mois », etc. Truguet fit une demande analogue pour la marine et les colonies.

Voici encore un rapport présenté au ministre de l’Intérieur, le 3 prairial an IV : « Les ministres de la Guerre et de la Marine ont souscrit l’un et l’autre à l’association des artistes musiciens, rue Montmartre, pour une quantité d’exemplaires de chants patriotiques, telle qu’il a dû en parvenir à tous les bataillons el même à toutes les compagnies des armées de terre et que les armées de mer en ont reçu

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