I . I ; S K KSI ETATS. - RECt L DU CATHOLICISME
l’habile homme et l’honnête homme, dans un autre sur la fête du io germinal, il compare le printemps à la jeunesse et réussit sans peine à témoigner d’un sentiment vrai de la nature. Presque jamais il ne tombe dans la sensiblerie.
On comprend très bien en somme que Dubroca ait été l’orateur favori des théophilanthropes, et que leurs adversaires mêmes aient pris du plaisir à l’écouter.
Les résultats. — Itccul du catholicisme. — A n’en juger que par les apparences, depuis fructidor la théophilanthropic semble assurée de l’avenir. Elle occupe presque toutes les églises de Paris, elle se répand en province et même à l’étranger — ses livres sont très lus, ses réunions fréquentées. — Le catholicisme redoute de plus en plus sa concurrence et a lieu de la craindre caries fidèles qui suivaient ses cérémonies diminuent chaque jour ; même le jour de la Toussaint, le jour de Noël, il y a peu de monde dans les églises. Ce n’est pas seulement les rapports de police qui le constatent ', mais les prêtres l’avouent1 2 3. Dans son pamphlet, La paix cl l'union entre les Français, le prêtre constitutionnel, A. J. Guyot, raconte qu’ayant assisté deux fois seulement à une réunion des théophilanthropes, il a entendu chaque lois en sortant « plusieurs catholiques
1. Voir entre autres dans Autant, Esprit public, les rapports du Bureau central des 21, 20, 26 vendémiaire, 5 et 26 nivôse an AI.
2. La paix et l’union entre les Français ou la tiare illustrée-, ouvrage suivi de trente-quatre notes curieuses et intéressantes, dont deux fort amples, contenant environ soi.rantes pages, établissant les principes et présentant une saine critique de la nouvelle religion qui s'élève actuellement dans Paiis sous le nom de théophilanlhropie, par A. -J. (îuyol, à
Paris, étiez Levachcr, an VI, iu-S. - — Guvol nous fait connaître lui même (p 87) scs qualités, « ancien pasteur de la \ i 1 le métropolitaine de Cambrai, actuellement remplissant les fonctions du culte catholique, apostolique et romain à l'église de la métropole de Paris » Il prétend que les théophilanthropes lui ont proposé de prononcer des discours dans leurs temples, ce qu'il aurait accepté, « s'ils se bornaient à prendre le litre d’institut de morale et non celui de culte » (p. 218).
renoncer formellement au catholicisme pour suivre de préférence la bannière de cette confrérie récemment instituée, qui 11e présente ni gêne, ni contrariété, ni enfer h . . » Les recettes des prêtres constitutionnels baissaient, ainsi qu’en fait foi le registre de l’administration catholique de Notre-Dame1 2 3. L’Ami des lois notait avec satisfaction, dans son numéro du 20 nivôse, les embarras financiers du curé de Saint-Sulpice qui ne pouvait payer ses fournisseurs, depuis que « les théophilanthropes, disait-il, lui avaient coupé le cou (il a voulu dire la bourse). »
Influence de la théophilanthropie sur le culte constitutionnel. — Symptôme plus significatif, le nouveau culte réagissait sur l’ancien. Plusieurs prêtres constitutionnels, comme s’ils reconnaissaient le bien fondé de certaines critiques, n’hésitèrent pas pour conserver leurs fidèles à dire la messe et même à administrer les sacrements en langue française. L’un d’eux, Ponsignon, avec l’approbation de son chef, l’évêque de Versailles, Clément, rédigeait un sacramentaire français pour remplacer le sacramentaire latin.
Les Annales de la religion, journal officiel de l’Eglise constitutionnelle, faisaient part à leurs lecteurs que « le dimanche 18 thermidor, le vénérable prêtre Duplan avait fait dans l’église de Gentilly, près Paris, l’essai de faire chanter les vêpres en langue vulgaire sur le ton ordinaire des psaumes ». Le journal n’accompagnait cette innovation d’aucun reproche, bien plus il ajoutait : « Cet essai a parfaitement réussi \ » Rien ne montre mieux que cette