‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 20 sur 519 · LE CELTE RÉVOLUTIONNAIRE SOUS LE PREMIER DIRECTOIRE · texte numérisé non relu

LE CELTE RÉVOLUTIONNAIRE SOUS LE PREMIER DIRECTOIRE

Eciiec final; ses causes. — Il semble donc que le premier Directoire se soit efforcé de répondre à l’attente des patriotes, qu’il n’ait rien négligé pour maintenir et, développer les institutions républicaines léguées par la Convention. Il ne réussit pas pourtant à leur infuser une vie nouvelle. De l’aveu du commissaire central delà Seine, les fêtes nationales n’étaient, en l’an Y, qu’un objet de dérision, « une insignifiante cérémonie, un composé de marches et de processions officiellement ennuyeuses1 ». L’événement n’avait guère justifié les prédictions enthousiastes de Daunou, qui s’écriait dans son rapport sur la loi du 3 brumaire : « Vous n’avez qu’à le vouloir, ces prodiges (les fêtes de l’antique Grèce) vont renaître au milieu de vos départements. »

Loin de s’améliorer, au milieu de l’an Y, la situation de la République avait empiré. Pour la sauver, il ne fallait plus compter sur des fêtes, des discours et des chants, mais l’emploi de la force parut indispensable et le coup d’Etat du i(3 fructidor fut décidé. Le directeur de l’instruction publique, Ginguené, résumant alors, dans ses rapports au ministre de l’intérieur', les raisons de l’échec

dans la même proportion. Ces hymnes, dont l’exécution ne peut que produire un aussi bon effet dans l’intérieur, sont désirés en ce moment par diverses administrations, à qui il serait difficile de se les procurer, si le ministre ne les leur faisait parvenir. L’administration centrale du département de Sambro-ct-Meuse vient de manifester particulièrement ses désirs à cet égard. Sa lettre respire le patriotisme le plus ardent; elle annonce d’ailleurs qu’une troupe d’artistes dramatiques, nouvellement établie à Namur, lui donne la facilité de l’ami liariser tout ce qui l’entoure avec les principes républicains professés dans ces chants... » etc.

Au rapport est jointe la lettre de l’administration centrale de Sambre-ct-Mcusc :

« Citoyen Ministre, quelque temps après le q vendémiaire an IV, époque de notre réunion à la France, un temple a été dédié à la Loi dans la commune de Namur; quelques fonctionnaires s’y rassemblent chaque décadi ; c’est là aussi que nous célébrons les fêtes civiques ; aucune occasion de ranimer l’esprit public n’est négligée. Nous avons fait jusqu’à ce jour tous nos efforts pour atteindre le but de ces établissements ; la lecture des lois et arrêtés du Directoire, celles des nouvelles qui attestent la gloire des républicains, et les succès de la cause de la liberté y sont régulièrement faites au son des instruments » etc... Arch. nat., F1 C 85.

1 . Rapportdu 22 ventôse an VI, dans Aulard, Esprit public , IV, p. 572.

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