‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 203 sur 519 · Adresse citée · texte numérisé non relu

Adresse citée

DIVISIONS PARMI LES TIIEOP1IILANTIIROPÉS. — SIAUVE 2QI

journal? Les renseignements précis font défaut, mais nous pouvons faire quelques conjectures. Les bureaux de la guerre publiaient dès le début du Directoire le Journal des campagnes et des armées. Siauve n’en étail-il pas un des rédacteurs habituels? La chose paraît vraisemblable. C’est à l’imprimerie de ce journal qu’il éditera son Adresse au corps législatif, après le 22 lloréal. Il n’est pas impossible aussi, qu’il fût en relations avec Benoist-Lamothe, qui écrivait de temps en temps au journal. En tout cas, Siauve n’entra à l 'Echo qu’après le 18 fructidor.

L’Éciio. — bondé le 20 messidor an V, U Echo des cercles patriotiques, qui faisait suite à La Bouche de fer, fut d’abord rédigé par Barbet, agent et créature de Beu bell 1 . Barbet sè proposa d’imprimer une direction uniforme aux différentes sociétés républicaines, que le péril royaliste avait reformées au milieu de l’an N; naturellement il soutint avec énergie la politique du Directoire et légitima à l’avance le. coup d’Llat. Il prônait en même temps la théophilanthropie et attaquait le catholicisme a\ec violence2. Après le 18 fructidor, le nom de Barbet disparut de la manchette du journal (n° i3), dont le titre s’allongea et devint L Echo des cercles patriotiques et. des réunions de théophilanthropes (n° i j). Le nouveau rédacteur signait d’abord de scs initiales b. M. S. (n° 1 4) puis en toutes lettres Siauve (n° i5). Son nom apparail enlin en manchette avec le numéro 18. Barbet venait d’être appelé à la direction du bureau politique du Directoire. Il est probable qu’il désigna Siauve pour lui succéder à L'Écho.

Bédigé par un sous-chef de bureau au ministère de la guerre, le journal restait dans la dépendance étroite du gouvernement, dont il rellète sans doute les pensées secrètes.

1. Le titre du journal indique aussi le nom de Darcet neveu. Mais la plupart des articles importants sont de la manière do Barbet. Voir sur ce dernier mon article «Le Bureau politique du Directoire», Itcvue historique, iep janvier igo3.

a. Lire par exemple sa description de la cité idéale de Pothamias « où le sacerdoce de son souffle impur ne corrompt point la pureté de l’air que respirent scs fortunés habitants».

LE LENUEMUN DE ERUC.TIDOU A !>\RtS

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Mais, comme son nouveau litre l'indiquait, il consacrerait dorénavant à la ihéopbilanlhropie une place beaucoup plus grande. Libre encore, selon toute apparence, de toute attache avec le comité de direction morale de la secte, dont il s’instituait l’auxiliaire bénévole, Siauve se proposait de garder avec elle son banc parler, son droit de critique. Peut-être avait il reçu des instructions en ce sens, et, en voulant réformer la ihéophilanthropie, ne faisait il que répondre aux vœux de ses maîtres, de lleubell en particulier ?

Le programme ue Siauve. — Dans son premier numéro1, il définit nettement son programme. Les tyrans, disait l'épigraphe du journal, « les tyrans divisent pour régner, les patriotes se réunissent pour empêcher que la tyrannie ne relève son trône ». Autrement dit, L’Echo s'efforcerait de maintenir et de consolider après la victoire celte union des patriotes, sans laquelle le 18 fructidor eût été impossible. Rassemblés déjà dans les cercles constitutionnels, dont le nombre s’accroît sans cesse, les patriotes apprendront à se connaître, à s’estimer. Auprès de chaque cercle constitutionnel, ils formeront une société théophilanthropique qui amènera, insensiblement, sans violence, le peuple à la République et l’arrachera peu à peu aux prestiges des prêtres2.

Pour Siauve, comme pour Reubell, la théophilanthropie n’est pas un but, mais un moyen, le moyen de républicaniser la France. Aussi la nouvelle religion doitelle être avant loul une école pour le peuple. « Cette partie intéressante du peuple, à qui jusqu’ici le gouvernement n’a pu faire parvenir l’instruction, et que la philosophie n’a pu éclairer de ses lumières, ne lui faut il pas une sorte de religion naturelle, même une espèce de mysticité qui lui rende moins tranchant, le passage d’une

1. n° i4. Les numéros ne portent pas de date jusqu’au 28e. Le 28e est du 3o frimaire an VI. Le i4e, peut être approximalivemeut daté du 3o fructidor.

2. Cet, article du programme de Siauve sera réalisé en partie. La plupart des églises Lliéophilanthropiques des départements serontgrefi’écs sur un cercle constitutionnel déjà existant.

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