‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 207 sur 519 · Voir [ilus haut, a. a · texte numérisé non relu

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2. Là décision du comité de direction morale fut publiée dans le journal, L \mi des théophilanthrqpes du 27 germinal an VI. E11 voici le texte : « Les théo philanthropes, persuadés qu'un des points les plus essentiels de la religion d’un bon citoyen est de se mettre en harmonie avec les lois et les institutions de son pays, sont convenus de fixer irrévocablement les exercices de leur culte aux jours de repos consacrés par le calendrier républicain. En conséquence, les membres du comité de direction morale de la théophilanthropie préviennent leurs conciloyens que les dispositions suivantes leur ont paru les plus propres à remplir ce vœu :

iu L’instruction morale et religieuse des enfants sera organisée le plus promptement possible pour être faite dans tous les temples, le quintidi de chaque décade.

2" Celte instruction commencera dans chaque temple, dès qu’il y aura douze à vingt enfants inscrits dans un temple, et au plus tard le 10 germinal prochain dans tous ceux de la commune de Paris, l’exercice du culte y cessera les jours de dimanche (vieux style)...

Paris, le q pluviôse an VI »

3. Plusieurs de ces lettres sont conservées aux Arch. nat., F"

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Siauve et la nationalisation de la théopiiilanthropie. — Satisfait des résultats obtenus par sa campagne de brumaire et de frimaire, Siauve se montra, lui aussi, fidèle observateur de l’accord conclu avec le comité central. Non seulement il cessa ses critiques, mais il témoigna dès lors pour les chefs delà théophilanthropie la plus grande déférence cl prit leur défense en toute occasion Sans craindre d’être accusé de palinodie, il inséra dans son n° 27 une lettre de Lyon, où un certain Rolland vantait le costume plein de dignité des lecteurs théophilanthropes. Faisant lui-même l’ historique de la secte, il eut à F adresse de ses premiers fondateurs des mots flatteurs (par exemple dans le n° 26). Ses colonnes furent remplies de comptes rendus élogieux des principales cérémonies, de discours des meilleurs orateurs1 2, de conseils pratiques sur les moyens de fonder et de faire prospérer des sociétés non velles.

Les progrès de la théophilanthropie, si rapides qu’ils soient, ne remplissent pas toutes ses espérances. Il croit de plusen plus que la nouvelle religion ne triomphera qu’avec l’appui avoué du gouvernement et bientôt il 11c cache N plus son désir de la voir proclamer religion d’Etat. Déjà, le 3o frimaire an VI, au moment de la discussion des projets de Duhot et de Leclerc sur la célébration du décadi,

1 . Tl défend Haüy par exemple dans son 110 45 (25 ventôse an A I). Dialogue entre le fermier cl le maître d’école.

2. Il publie in extenso ceux de Dubroca sur la paix et sur l'anniversaire de la religion naturelle, nos 33 et 37.

OOO l.E LENDEMAIN DE MU'CTIDOH A PA111S

jusqu à la ceinture, la Nature allaite sur son sein droit un bébéjoulllu et appuie sur sa cuisse gauche un jeune enfant. Près d’elle sur le même rocher, un pélican fouille ses entrailles. I n soleil éblouissant entoure l’ensemble et on lit au bas, à droite et à gauche, la devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité.

Si U VE ET I, A NATIONALISATION DE EA SECTE

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Siauve s’écrie : « Que ne doit-on pas espérer si la philosophie d’une part et le gouvernement de l’autre préparent enfin pour le peuple ces institutions républicaines <jui coïncideront indubitablement avec la théophilanthropie ! »

Ainsi, oubliant ou méconnaissant la distinction de La Révellière entre le culte, affaire privée et les institutions, affaire d’Etat, et donnant raison aux insinuations des catholiques sur les arrière-pensées des théophilanthropes, il affirmait ouvertement son désir de transformer la secte de Chemin en église officielle. \u lendemain des élections de germinal, il revient sur celle question qui lui tient à cœur dans un article, Des fêtes républicaines, qu’on peut considérer comme son testament, car après ce numéro il cesse la publication de son journal 1 2 . « Tant que nous n’aurons pas un système de l'êtes républicaines complètement organisé, les royalistes auront bien raison d’appeler des farces nos cérémonies civiques... Législateurs de la grande nation, hâtez-vous de poser les bases de cette religion nationale, qui doit assurer la prospérité du gouvernement républicain. Saisissez le moment où la chute du papisme intolérant J va laisser sans pâture l'imagination des hommes sensibles. Songez que, par la nature des événements politiques, vous vous trouvez placés dans les circonstances les plus heureuses et les plus propres à entreprendre la régénération politique et assurer ses succès. »

Celle religion nationale, que Siauve appelle, de tous ses vœux, ce sera simplement la ihéophilanthropic rendue officielle : « La ihéophilanlhropie, continue l il, n’est à proprement parler qu’une institution républicaine, une sorte de religion nationale telle que la voulait Rousseau pour un peuple libre. Sous ce rapport, disons-le franchement, la ihéophilanlhropie mérite de la part du gouvernement une protection spéciale... » Et Siauve, déplorant

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