DIVERGENCES ENTRE I.ES RÉVOLUTIONNAIRES
Les rationalistes purs sont surtout préoccupés de détruire le catholicisme et généralement toute croyance au surnaturel. Avec La Vicomteric1, ils demandent l’établissement de chaires de « morale calculée », dont l’objet essen tiel serait d’extirper de l’esprit des citoyens la crainte de l’enfer ou l’espérance du paradis. Pour arriver au même résultat, ils comptent avec Lequinio sur les expériences de physique et proposent de vulgariser cette science. D'autres au contraire et en très grand nombre repoussent avec indignation la prédication de l’athéisme, « désolante doctrine », se déclarent déistes et veulent faire de la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme le fond de la religion nouvelle (Baraillon, Bonguiod, Opoix, Piequé, Mathieu, Veau, etc.). D’autres encore donnent moins d’importance à la partie métaphysique et beaucoup plus à la partie civique et morale (Lanthénas). Certains confient aux agents du pouvoir central la direction des cérémonies; ceux-là attribuent les mêmes fonctions à des « pères de famille » (par exemple Chénier). Il y en a qui font redouter à leurs collègues l’inlluence des officiers chargés de la célébration du culte national cl qui voient en eux un « retour aux prêtres », la formation possible d’un nouveau sacerdoce2 3. On en voit enfin qui sont ennemis d’une réglementation trop minutieuse des cérémonies « car il est absurde de prescrire au peuple tous les mouvements, ainsi que l’on commande l’exercice à des soldats * ». Inversement, il en est qui demandent rétablissement de rites bien définis et, donnant
1. <c II tant pour propager ces principes sacrés, seul fondement de la société, établir dos chaires de morale calculée à la place de ces tréteaux de théologie qui ont si longtemps désolé la terre..., etc. » Voir dans le Moniteur le discours athée de t.a Vicomteric (17 vendémiaire an III).
2. Certains conventionnels, au dire de Piequé, ont fait redouter « à leurs collègues l’inlluence des officiers chargés de la police des fêtes décadaires ; on a mi dans ces magistrats amovibles un retour aux prêtres, sans considérer que les richesses et la corporation faisaient la plus grande puissance de ces imposteurs... » La plupart des opinions sur celte question des fêtes nationales sont réunies dans un recueil factice. B delà V. de P. 12272.