RÉGION DE L’EST
Nîmes. — Dans le Gard, un chef de division au Conseil des Mines, nommé Basse, essaya cl’implanter la nouvelle religion civique aux environs de nivôse an VI, mais sans grand succès. À son grand étonnement, Basse rencontra plus de résistance chez les protestants que chez les catholiques.
Voici comment il rend compte après son retour de ses efforts infructueux, dans une lettre au Directoire :
« Paris, 2() ventôse an VI.
Aux membres composant le Directoire exécutif de la République française.
Citoyens Directeurs . J’ai fait plusieurs tentatives pour
établir dans ce pays la théophilanthropie et la prédication de la morale républicaine, mais ce qui paraît incroyable, c’est que j’ai éprouvé moins de difficultés de la part des catholiques que des protestants, qui cependant professent un culte bien moins absurde que le romain et qui a pour base principale la liberté de penser. On nie fait espérer qu’après les élections, si elles sont vraiment républicaines, il sera plus facile de ramener les esprits non fanatiques au culte de la raison et des lois. 1 »
J’ignore si Basse revint dans le Gard après les élections et si ses projets eurent un commencement d’exécution.
Toulon. — Il est probable que la thüophilanthropie fut établie à Toulon, où les patriotes étaient nombreux et où ils avaient fondé, dès l'an 14 , une société d’ Adorateurs de la liberté et de l'égalité 2.
Région de l’Est. — C’est vraisemblablement dans l’Est de la France que la théophilanlbropie recruta le [tins d’adhérents et prit le plus de consistance.
A Châlons-sur-Marne, où la fête de la Raison avait été célébrée en l’an 11 avec beaucoup de majesté3, les patriotes,