Histoire de Troycs pendant la Révolution, II, p
3. J’ai pu feuilleter à Dijon, chez un descendant de Paillet, quelquesunes de scs poésies, qui témoignent d’une certaine facilité à trouver la rime.
Le Journal de la Côte-d'Or du 3o germinal an VII publia sous la signature P. (Paillet) une Ode sur V immortalité de Vâme , qui fut probablement chantée par les théophilanthropes dijonnais :
Viens, céleste Vérité Fixer mon incertitude,
Et de mon cœur agité Dissiper l’inquiétude 1 I. homme naît et du malheur Boit déjà la Soupe amère.
Son œil s’ouvre à la lumière Et son âme à la douleur.
Vil jouet des destinées Il ne naît que pour souffrir, Perdre ses courtes années Les regretter... et mourir !
Eh quoi ! Celte âme si iière Qui planait sur l’univers Ne serait qu'une poussière Froide pâture des vers..., etc.
M AllIIUZ.
1,E i,i,mihiu\ nr. l'iu en mm m\s iis m' .1* viitkments
des jacobins *. Ancien membre de la Loge de la Concorde1 2 3, Paillet recruta ses premiers adhérents parmi les frères maçons. Ses principaux collaborateurs furent le citoyen Mare, professeur de belles-lctllres et d’histoire à l’Ecole centrale, Vcrsey, poète comme Paillet cl membre île la municipalité, et un citoyen Pcltier qui ne nous est pas autrement connu.
Les théophilanthropes dijonnais avaient à leur tête un comité d’une vingtaine de membres, chargé d’examiner les sermons à prononcer aux ollicesA
La feuille républicaine du lieu, le Journal de la Côted’Or de Carion, se montra sympathique à l’entreprise4. Le 2 germinal an VI, les ihéophilanlhropes dijonnais obtinrent de la municipalité la permission de se réunir dans l’église Saint-Michel, tous les décadis à 011/e heures du matin, de manière à 11e pas gêner le culte catholique qui s’y célébrait également. Si on en croit le Journal des Hommes libres, les premières réunions n’allèrent pas sans causer des troubles, que les autorités, hostiles au nouveau culte, n’auraient réprimés qu’avec mollesse5. L’information du Journal des Hommes libres paraît confirmée jusqu’à un certain point par le procès-verbal de la séance du 12 germinal à la municipalité 6 ; on y donna lecture d’une
1. La bibliothèque de Dijon a de lui une Adresse aux Amis de la Constitution, datée du 25 mai 1792.
2. Ainsi qu’en fait foi la pièce suivante de la 13ib. de Dijon : « Discours sur la mort du T.'. C.’. F.'. Monnier, graveur, prononcé dans la R.'. L. ' . de la Concorde dont il était membre, par Julien Paillet», s. I. n. d., in-8.
3. Voir le procès-verbal de la séance du 12 germinal an VI à la municipalité (Arch. munie, de Dijon).
4. \oir ce journal aux dates du 5 floréal an VI, 3o floréal et 5 prairial an VII, i5 et 25 vendémiaire an VIII, etc.
5. « On écrit de Dijon que dans une réunion de théophilantbropes, un monsieur, s’étant permis de sc conduire très indécemment vis-à-vis d’une jeune fille, fut arrêté et conduit au commissaire du Directoire pour lui faire appliquer les peines prononcées contre les perturbateurs des cultes. Le commissaire Trulard dit qu’il n’y avait rien à faire à cela, que la théophilanlhi-opie n’était pas un culte. Ainsi permis aux chouans et aux catholiques d’aller insulter la théophilanthropie, n’estil pas vrai, citoyen Trulard ? Le perturbateur est en effet un jeune chouan très catholique » ( Journal îles Hommes libres, 3o ventôse an V).
(j. Arch. munie, de Dijon.