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3. Le concierge des théophilanthropes s’étant permis de démurer dans cette église une porte qui donnait sur un magasin de casernement, le commissaire des guerres se plaignit et la municipalité ordonna aux théophilanthropes de faire remurer la porte, par une délibération en date du 29 brumaire an VII. C’est dans cette délibération que j'ai puisé les détails ci dessus.
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décadaire, l 'administration municipale maintint sa décision du du 19 frimaire, mais leur accorda Notre-Dame, à condition toutefois qu’ils n’exerceraient leur culte que l’après-midi à partir de trois heures1. A Notre-Dame, les théophilanthropes dijonnais célébrèrent des fêtes républicaines à l’instar de leurs coreligionnaires parisiens, notamment, le ier floréal an VII, une fête funèbre en l’honneur des plénipotentiaires assassinés par l’Autriche, et le 20 vendémiaire an Vil, une autre fête funèbre en l’honneur de Joubert2. C’est à Notre-Dame aussi qu’ils bénirent pour la première fois un mariage3, le 10 pluviôse an Vil 1 . Le fait mérite d’être remarqué, car il montre bien le peu de popularité de leur culte à Dijon. Il en avait été autrement au temple de Bourges où, dès le premier jour, mariages et baptêmes se succédaient en grand nombre.
Quand Bonaparte commença à rendre les églises aux réfractaires, les théophilanthropes dijonnais comprirent qu’on allait les chasser de Notre-Dame, dont l’usage exclusif serait rendu aux catholiques. Ils se mirent en quête
x. Arch. de Dijon, Bctj. des délibér. de l'admin. munie., séance du in germinal an Ail.
2. Le Journal de Carion qui annonça l’une et l’autre cérémonie plusieurs jours h l’avance en a donné cette description : x° dans son numéro du 5 prairial an \ II : « Un drap noir parcourait circulairement les pilastres qui soutiennent la coupole de l'édifice. Sur l'autel antique s’élevait une urne funéraire recouverte d’un voile noir .. Un bel hymne composé sur l’attentat de l’ Autriche par le citoyen Versey a été chanté en chœur arec des accompagnements du plus bel ellet ; ensuite le citoyen Mure, dans un discours écrit avec toute la pureté, toute l’élégance du style qu’on lui connaît, a peint de la manière la plus chaleureuse le crime de l’Empereur... »; 2° dans son numéro du 25 vendémiaire an VIII : « Leurs inscriptions morales [des théophilanthropes] n’étaient plus soutenues par des rubans tricolores, les couleurs du deuil les avaient remplacés. Sur leur autel où I on voit toujours ou des fleurs ou des fruits de saison, hommage qu'ils rendent à l’Éternel pour ses bienfaits, s’élevait une urne cinéraire recouverte d’un crêpe... Des hymnes funèbres, des lectures sur la mort ont précédé l’oraison funèbre du héros. L orateur, qui I a prononce, a considéré Joubert sous le triple point de vue des vertus morales, guerrières et politiques... Les ollicicrs de nos deux bataillons étaient, présents à cette lugubre cérémonie qu’ils ont terminée, en déposant lous sur le simulacre des dignités du général une branche de cyprès qu’ils avaient à la main... »
3. Le Journal de Carion consacre un entrefilet ù cet événement dans son numéro du i5 pluviôse an 5 111.
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d'un nouveau local el demandèrent, une fois encore, la jouissance, concurremment avec les autorités, du temple décadaire Sainl -Michel. Cette fois, la municipalité lit droit à leur demande, par un arrêté dont les considérants sont assez curieux, parce qu’ils montrent bien que leurs auteurs s’attendaient au Concordat : « Vu la pétition des théophilanlhropcs, l’administration municipale, considérant que les dispositions de l’arrêté des consuls de la République, en date du 7 nivôse dernier, ne sont point applicables aux pétitionnaires, puisque le culte qu’ils professent 11’existait pas à cette époque1, que cependant ils doivent jouir de la liberté et de la faveur que les lois accordent aux autres cultes ; « Considérant aussi que la possession du local que l’administra lion centrale a misa leur disposition (c’est-à dire Notre-Dame) n’csl que provisoire et prêle ci leur échapper2... »
Les tbéopbilantbropes retournèrent donc à Saint-Michel, où ils avaient fait leurs débuts et ne cessèrent probablement leurs cérémonies qu’au moment du Concordat.
Saône-et-Loire. — En Saône-et-Loire, l’existence de la théophilanthropie est attestée à Aiitun et à Mâcon, mais les documents, qui l’atLestent, se bornent à une sèche mention3 4.
Vosges. — Il y eut aussi une société théophilanthropique à Epinal, sur laquelle on est aussi peu renseigné L
1. Phrase obscure. Le rédacteur a sans doute voulu dire « puisque le culte qu’ils professent n’existait pas à l'époque visée par cet arrêté » (l’arrêté rendait les églises aux cultes qui les occupaient en l’an II).
2. Ainsi, ta municipalité prévoyait que bientôt un arrêté formel chasserait les théophilanthropes des églises qu’ils occupaient concurremment avec les catholiques.
3. A Autan, l'abbé Muguet donne cette indication en passant dans ses Recherches historiques sur Ici persécution religieuse en Saône-et-Loire , If, p. 455, in-8°, 1899. — A Mâcon, c’est un filet du Moniteur, à la date du 24 thermidor an V, qui nous apprend qu’il s’est formé des réunions de théophilanthropes à Dijon et il Mâcon (sous la signature de La Chapelle).
4. « Dès l’an V, paraissait à Epinal un opuscule dont voici le titre : Manuel îles ihéophilanlhropes ou adorateurs de Dieu el amis des hommes, à Epinal, de l’imp. nat. d'IIaener, an V de la République, in-12 de 5o pages, dont la dernière est blanche (Ed. Meaume, Les Lorrains révolutionnaires, « Palissot », p. >4, Bibl. nat,, Lu-1 189).
YONNE
Doubs. — Dans le Doubs, il n'y eut vraisemblablement pas de société organisée. Sauzay, dans sa grande Histoire de la persécution révolutionnaire, dit simplement 1 : « Celle secte ne rencontra que des partisans isolés ; ou plutôt quelques libres penseurs adoptèrent une partie seulement de son nom et de son programme et prirent le litre plus simple de philanthropes. » Un commissaire du Directoire2 classait scs administrés en cinq catégories, « les aristocrates, les fanatiques, les anarchistes, les théophilanthropes et les catholiques constitutionnels ». Un autre commissaire assurait qu’à Recologtie, « la majorité des habitants avaient passé à la philanthropie 3 * ».
Ain. — Dans l’Ain, il exista à Coliqni pendant un an environ, une petite société théophilanlhropique, qui ne res semblait guère aux autres, si ce que rapporte Grégoire est exact1, car, suivant lui, elle avait pour chefs de francs aristocrates . — Ses adhérents auraient été « indifférents à toute religion, même à la nouvelle dont ils se déclaraient membres ; mais ils convoitaient des places et croyaient ce moyen propre à les y conduire. »
\onne. — De toutes les contrées de la République, c’est dans le département de l’Yonne que la théophilan thropic prit le plus grand développement et obtint le plus de faveur5. Ici le nouveau culte ne se borna pas aux
2. Reynoard, commissaire à Vuillafans, dans Sauzay, l\, p. 4i8.