Id , X, p. 3G
t\. Histoire des sectes, \, p. 422.
5. Grégoire le constate avec amertume : « Le département de l’Yonne a sur tous les autres la palme de la rage persécutrice; là ont été accumulés tous les moyens de conspuer, de détruire la religion catholique eide tourmenter ses ministres. Les commissaires du gouvernement, les membres des administrations centrales et municipales, à très peu d’exceptions près, ont été les Busiris, les Serons de ce malheureux département ; ils ont déployé et presque usé tous les ressorts de la scélératesse pour extirper les derniers restes d’une religion jadis si florissante dans le diocèse d’Auxerre... » Histoire des sectes, I, p. 429 43o.
Ailles, mais se répandit dans les campagnes et fut célébré jusque dans les plus petits villages. Presque partout, il survécut à la chute de La Révellière au 3o prairial et il était encore en pleine vie, quand il fut frappé par Bonaparte au moment du Concordat1.
Sens. — Le i5 nivôse an V, Benoist-Lamothe2 3, aidé « d’une société d'hommes de lettres », reprenait le journal V Observateur de D onne, qu’il avait fondé l’année précédente avec si peu de succès. Mais celte fois, au lieu de mourir trois mois après sa naissance, comme en l’an IY, V Observateur allait fournir une longue carrière jusqu’en brumaire an VIII.
Aux élections de l’an V, les patriotes sénonais s’étaient ressaisis et avaient fait front courageusement aux royalistes déguisés ou déclarés. Benoist-Lamothe, recommençant à espérer, décochait contre le catholicisme un pamphlet sentimental, les Veillées du presbytère*, où il glorifiait le mariage des .prêtres. Le discours de la Révellière à l’Institut sur les cérémonies civiles, dont il rendit compte dans son numéro du 5 messidor, excita naturellement son enthousiasme. Les idées de La Révellière, n’étaient-ce pas en somme celles qu’il avait exposées l’année précédente dans son projet de culte social? Dans le même numéro, il faisait l’éloge du culte que Chemin venait d’organiser à Paris sous le nom de théophilanthropie et, le 25 messidor, revenant sur ce sujet, il donnait un aperçu très complet de ses cérémonies, de ses dogmes « si simples », de sa morale « si pure ».
Le culte des chrétiens français. — On était à la veille du 18 fructidor. L’occasion lui parut favorable pour mettre en pratique le programme religieux qui lui était cher.
1. Ch. Moiset a consacré à « la théophilanthropie dans le département de l'Yonne » ( Bulletin de ta Soc. des sciences liist. et naturelles de l’Yonne, 2e semestre 1898) une étude insuffisante et parfois inexacte, que j’ai contrôlée et complétée dans les pages suivantes par des recherches aux Archives de l’Yonne et à la Bibliothèque d’Auxerre et à l’aide de documents des Archives d’Auxerre, gracieusement communiqués par M. Georges Gazier.