FÉLIX LE PELLETIER ET LE CULTE SOCIAL
Panthéon. Peu après ce coup de violence, les Egaux se constituaient en directoire secret et préparaient la conspiration qui fut découverte en floréal. A ce moment même, un de leurs chefs, Félix Le Pelletier, écrivait une brochure intitulée Réflexions sur le moment présent1 , dans laquelle on trouve une sorte d’exposé de leurs vues religieuses. Le chapitre IV traite dune manière plus lente de terminer la Révolution et de fonder un ijouvernement républicain ». Pour Le Pelletier, les révolutionnaires ont fait fausse route en instituant un nouveau régime poli tique avant d’avoir créé au préalable l’esprit public, capable de lui donner la vie et la durée.
« Jusqu’à ce moment, on a cru avoir beaucoup fait et tout fait lorsqu’on avait présenté une constitution et que le peuple l’avait acceptée. On a ressemblé assez à celui qui croirait que, parce qu’il apporte un habit tout fait à un autre et que cet autre l a sur son corps, que cet habit lui va bien... Oui, je pense qu’avant de donnera un peuple le gouvernement le plus parfait, il faut le former lui-même. Tel Pygmalion, sculpteur habile, conçoit un chef-d’œuvre, et son génie parvient à donner une âme et des formes à un bloc incorrect.
«Ce que l’on aurait du commencer par faire, ce que l’on a essayé sous le gouvernement révolutionnaire, mais [tailles moyens trop violents, ce que l’on doit faire à l’instant, sans cesse ni interruption, avec courage, force, sagesse, c’est de régénérer le peuple français, en lui donnant les mœurs, les institutions d’un peuple républicain. Sans cela, le peuple français sera toujours I bonime de la monarchie cl le gouvernement un masque qui tomberait tôt ou tard 2 3. . . »
L’éducation publique, « commune, égale et forcée * », serait un moyen excellent, mais insuffisant.