Moniteur du i3 floréal an VII
4. Les éléments de la présente biographie sont empruntés à Grégoire (///stoirc des Seclcs, I, p 359 et suiv.) et surtout à l’article mortuaire consacré à David Williams par The animai hiocjraphj and obi-
WGLETERRE
tôl à son caractère franc et enjoué. Il se mit à fréquenter les milieux populaires, à prononcer des sermons révolutionnaires contre le cant, à écrire des ouvrages philosophiques. Lecteur assidu des écrivains français, Williams devint en peu de temps leur disciple. L'Emile lui ouvrit les yeux sur les vices de l’éducation anglaise. Quittant ses fidèles, il vint à Londres et fonda, en 1772 à Chelsea, une école modèle, où le programme de Rousseau était mis en pratique. L’école prospéra rapidement, l’eu après, il formait le projet d’ériger le déisme en culte et composait en 1776 une liturgie renfermant les principes de toute religion et de toute morale1. L’illustre Franklin lui avait prêté l’assistance de ses conseils. Passant immédiatement à l'application, avec cet esprit de décision qui caractérise la race anglaise, Williams ouvrit la même année une chapelle aeistc à Margaret-street, Cavendish square. « J’ai conçu, disait-il2, le projet d’obtenir pour la philosophie la même tolérance qu’on accorde aux extravagances de l’enthousiasme, 'd’autres ont pensé, ont écrit avec liberté ; aucun, à côté de la superstition, n’a placé la morale par un enseignement public. J’ai voulu l’émanciper et lui sauver le déshonneur d’être présentée au peuple teinte du venin du fanatisme. » — Les cérémonies se composaient d’hymnes sur l’existence de Dieu, sur l’amitié, l’humilité, le printemps, etc... et de discours de morale* que prononçait Williams, affublé du titre de prêtre de la nature. La nouvelle religion tenait tout entière dans cet unique article: « Je crois en Dieu. Amen! »
Les encouragements — même les plus illustres — ne manquèrent pas au prêtre de la nature. Le roi de Prusse, Frédéric II, lui avait écrit en français, de Postdam, le 10 août 1776, une lettre flatteuse :
tuary for lhe year 1818, vol. II. I/arliclo est composé sur les notes d’un ami de Williams, Thomas Morris.
1. t liturgy containing the universal principles of Religion ami moralily, 8 volumes, 1776, in-8.