LE SCHISME DE SAINT-TIIOMAS D AQUIN
froy tint parole. Son journal, dont il soumit le premier numéro au Directoire1, fut très moral mais aussi très ennuyeux.
Il renferme des récits édifiants d1 « actes de justice, de bienfaisance, de bienveillance et de sensibilité, d’amour », des contes moraux comme l’Aveugle et le Boiteux, l’Amour de Dieu et des parents, des dissertations philosophiques, des hymnes religieux et patriotiques, mais on n'y rencontre pas ombre de politique. Le journal ne provoqua pas sans doute les suspicions du pouvoir, mais il ne paraît pas en revanche avoir été très goûté des lecteurs.
Le schisme de Saint-Thomas d’Aquin. — Le commissaire central de la Seine, Dupin, dans son compte de prairial an VI au ministre de la police 2, ne s’était pas borné à dénoncer les manœuvres politiques auxquelles s’était livré, d’après lui, le comité de direction des théophilanthropes pendant les élections, il avait indiqué au gouvernement le moyen d’en prévenir le retour dans la suite : « Il est un moyen d’empêcher qu’à l’avenir les théophilanthropes, comme les prêtres catholiques, puissent donner de l'inquiétude au gouvernement, c’est d’appliquer aux sociétés religieuses l’article de la Constitution, qui défend I ’a ITil ia lion et la correspondance aux sociétés politiques. Alors plus de comité central de direction théophilanthropique, plus de nominations d’évêques catholiques. Tous ces faisceaux divisés ne seraient plus que des baguettes que le gouvernement briserait à son gré. Il s'établirait entre les ministres de chaque temple une différence de dogmes, une discorde dont le gouvernement saurait profiter... » Un mois à peine après que Dupin donnait ces conseils au gouvernement, une scission se produisait dans l’église théophilanthropique de Paris, et — chose digne de remarque — - les scissionnaircs invoquaient précisément pour se séparer du Comité central
1. Ainsi qu’il résulte du registre d'enregistrement du Directoire à la date du 17 germinal an VI (Arch nat.. VF111* 92 n° 1227).