‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 282 sur 519 · Aulard, Esprit public, IV, p · texte numérisé non relu

Aulard, Esprit public, IV, p

joS CULTE DÉCADAIRE ET THÉOPHM.AATHROPIE

les mêmes arguments qu’avait déjà mis en avant le commissaire du Directoire. Le 16 thermidor an VI, les théophilanthropes du temple de la Fontaine de Grenelle (Saint-Thomas d’Aquin) déclaraient dans un manifeste se constituer en église libre et indépendante. Au nombre dos signataires du manifeste était Sobry, qui avait déjà accusé, en brumaire, le Comité central de former une secte. Grégoire a tenu cette pièce entre les mains et en a donné les extraits suivants1 :

« Les administrateurs du culte non cntholime du dixième arrondissement de la commune de Paris, étant assemblés au vestiaire du temple (ci-devant Saint-Thomas d’Aquin), déclarent qu’ils n’ont pas secoué le joug d’une secte pour en adopter une autre, que néanmoins ils n’ont pas cru devoir refuser les services que leur ont offerts alors les lecteurs du culte qui prend le nom de culte des théophilanthropes, parce que leur morale et leurs pratiques leur ont paru raisonnables, et qu 'il importe à l'ordre public quil s'élève un culte nouveau, de quelque nature que ce soit : que, malgré la pureté des dogmes et le pur déisme que les thépphilanthropes professent, il faut qu il n’y ait dans la discipline d’une religion quelconque, rien qui puisse devenir contraire aux lois; qu’ils ont cependant remarqué que les lecteurs des théophilanthropes paraissent se former en secte, se resserrent en communion, se distribuent exclusivement des missions, et ^connaissent entre eux un centre de doctrine et de police. Cette manière de se propager leur paraît contraire au régime républicain, qui ne doit avoir d’autre lien politique que celui de la patrie, d’autre juridiction que celle des magistrats et d’autre censure que celle de la loi. Les anciennes républiques avaient des cultes libres, mais leurs ministres ne formaient point entre eux une sorte de hiérarchie, de communion, etc. Pour obvier à ce que les lecteurs théophilanthropes ne dégénèrent du culte qu’ils professent et qui est dans sa pureté primitive, les susdits administrateurs ont pris possession du temple de leur canton pour y établir un culte sans mystères, sans superstition, sans dogmes outrés, et, par conséquent, autre que celui des catholiques. En conséquence, les administrateurs du culte du temple du dixième arrondissement se constituent libres et indépendants du comité des théophilanthropes séant à Catherine, et de tout autre. Les cérémonies, chants, lectures et

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