‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 316 sur 519 · PARIS - I.ÈS DISCOURS DÉCADAIRES · texte numérisé non relu

PARIS - I.ÈS DISCOURS DÉCADAIRES

et acteur dans la cérémonie1. Même en floréal, ce succès se maintient. « Les boutiques sont exactement fermées les jours de décadi et fêles nationales comme elles sont généralement ouvertes les autres jours de la décade'2 3... »

Mais fallait il rapporter au seul patriotisme de la population parisienne ces bons résultats? Dupin ne s’illusionne pas à ce point. « Un des puissants motifs, écrit-il % qui ont contribué au succès de ces réunions [décadaires] est, il faut l’avouer, l’idée de faire réciter par des enfants différents morceaux instructifs 4. » Mais Dupin s’en console : pour lui l’essentiel est qu’il y ail du monde. Les jouissances d’amour propre, qui amènent les parents à la cérémonie, ne tarderont pas en effet « à tourner au bien public, à l’instruction de leurs enfants et à la formation de l’esprit républicain ». Et sans doute, il ne raisonnait pas trop mal s’il comptait sur les discours pour baigner les auditeurs dans une atmosphère patriotique.

Les discours. — Les orateurs, qui étaient en général des fonctionnaires ou des officiers municipaux, ne manquaient pas de semer les vérités à pleines mains. Les professions de foi alliées étaient rares, mais il ne se passait guère de réunion où le catholicisme ne fût plus ou moins directement attaqué. Le, citoyen Touzé, président de l’administration municipale du 11° arrondissement, le malmenait ainsi au temple du Génie, le; io prairial an \ 11, à la fête de la Reconnaissance : « Nos législateurs... ont senti qu’il était nécessaire d’inspirer aux peuples l’amour des vertus sociales ; pouvaient ils mieux j réussir qu’en abolissant ces cérémonies, aussi fastueuses «pie ridicules dont notre culte était environné, pour y substituer cet

i. Au lard, V, p. 388.

a. Aula rd , V, p. 5a3. — Les mariages néanmoins furent toujours l’objet de manifestations plus ou moins joyeuses. Apres le 3o prairial, un chef de bureau du ministre de l’intérieur constate dans un rapport (pie dans certains temples on continuait à adresser aux époux d un âge avancé des « discours licencieux ou ironiques » et il proposa une circulaire sur cet objet (Arch. nat. , I’1, ioliô).

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