‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 318 sur 519 · SEINE. - LE COMMISSAIRE GUYEL 48 I · texte numérisé non relu

SEINE. - LE COMMISSAIRE GUYEL 48 I

Le commissaire Guyel. — La préparation des cérémonies incombait particulièrement aux commissaires du Directoire. De même, en l'an II, les agents nationaux avaient été les grands metteurs en scène des fêtes à la Raison et à l’Etre suprême. Certains commissaires apportèrent un zèle particulier à s’acquitter de leur tâche, et, entre tous, le citoyen Guyel, commissaire à Pierrclitte. Dans ce canton, le président de la municipalité présentait l’anneau aux nouveaux mariés. Dupin raconte à ce propos1 qu’un jour, les mariages terminés, un des assistant demanda au commissaire « combien il en coûtait pour se marier à la République ». Guyel répondit, assez haut pour être entendu de tous les assistants, « que la République, loin de demander de l’argent à ceux qu’elle unissait en mariage, était amplement récompensée par l’espoir que les jeunes époux lui donneraient des enfants dignes d’elle ; mais que leur curé leur demanderait de l’argent, sans rien ajoutera l’auguste cérémonie de leur mariage. » — Selon Dupin, le mariage décadaire était célébré avec une telle solennité à Pierrefilte qu’il fit au mariage religieux la concurrence la plus redoutable. — Malgré tout, le commissaire Guyel n’était pas satisfait. Il trouvait les cérémonies décadaires trop froides. Il aurait voulu consacrer chaque décadi à une vertu sociale, à l’Amitié, à l’Amour, au Travail, etc., et il insistait auprès de François de Neufchâteau pour ipie le nouveau culte fût doté d’un cérémonial 2.

Résultats. — Sans obtenir le même succès qu’à Pierrefilte, le culte décadaire semble avoir rencontré en général un accueil assez favorable dans les autres cantons. Dupin le constate dans plus d’un rapport. Dès fructidor an NI, il entonnait ce chant de triomphe : « Dans les campagnes le trône sacerdotal s’écroule, dans plusieurs

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