DÉPARTEMENTS. - RÉGION PARISIENNE
villes, où les réunions décadaires ne furent pas célébrées régulièrement, tandis que, dans les campagnes, on n’observa guère que les fêtes nationales et encore pas toujours.
Presque partout, les organisateurs se bornèrent à copier les programmes de François de Neufchàteau et firent peu d’efTorls d’invention. Aussi les cérémonies se ressemblentelles dans leur ensemble d’un bout du territoire à l’autre.
Notons enfin que la période la plus brillante du culte décadaire fut les quelques mois qui précédèrent la seconde coalition, autrement dit l’biver et le printemps de l’an \ 11. Les désastres d’Italie rendirent courage aux royalistes, décidèrent les timides, et, plus d’une fois, les cérémonies civiques sombrèrent devant l’opinion soulevée.
Région parisienne. — L’impulsion du pouvoir central se faisait sentirplus vivement dans les environs de la capitale que dans le reste de la France, et, comme on pouvait s’y attendre, le décadi fut assez bien chômé dans toute la région parisienne.
Seine-et-Oise. — En Seine-et-Oise, l’administration centrale était très zélée pour les institutions républicaines. Dès prairial an VI, elle dénonça au ministre de l’intérieur, l’évêcjue constitutionnel de Versailles, Clément, pourl’opposition qu’il faisait au transfert de la grand’messe au décadi. A l’aide d’une interprétation hardie des textes constitutionnels, elle demanda sa mise en accusation, sous prétexte qu’il avait formé dans le département une association tbéocra tique, en violation des articles 35 1 et 36o delà Constitution et à l’article 19 de la Déclaration des droits1. Prançois de Neufchàteau accueillit la dénon-
particulièrement patriotes, qui se sont distinguées à cette occasion : « Partout un véritable enthousiasme, un zèle digne des plus grands éloges de la part des diverses administrations et de nombreux artistes employés à retracer l’immense gloire de la grande nation. Bordeaux, surtout, cette fille aînée de la République, s’est distinguée h cctlc heureuse époque, et fautes la fidèle, et Lille la glorieuse, et Mâcon, Bayonne, Bourges, Douai, Arras. N «vers, Bergerac et son bourg républicain, Grenoble, Bresl, Toulon, 1 aunes, Mayence, Caen, Orléans, Agen, Limoges, Angoulême. Enfin, il faudrait les citer presque toutes, ainsi qu’une multitude de petites communes, dont nous aimons à voir la touchante rivalité avec les grandes villes » dans Vulard, \ . p. 1 18. i. L’article 35 1 de la Constitution était ainsi conçu : « 11 n'existe
CULTE DÉCADAIRE ET TIlÉOPII [LANTH K0P1E
dation et l’affaire fut portée devant le directeur du jury *, mais en resta là. Moins animée contre le clergé, l’administration municipale de à ersailles s’efforça cependant de donner de l’éclat aux réunions décadaires et elle y réussit dans une ceraine mesure 2. Le culte fut inauguré, le io vendémiaire an à II, dans la galerie de la maison commune. La municipalité avait hésité à s’emparer d’une église, estimant que la célébration d’une fête décadaire exigeait des installations permanentes inconciliables avec l’exercice du culte catholique. Mais le succès de cette première réunion fut tel que le local trop étroit dut être abondonné pour un autre, pour Notre-Dame, que le département mit à la disposition de la municipalité3. On avait dû refuser l’entrée de la salle à sept cent cinquante-huit personnes. D’après le procès-verbal, dit M. Hanin, l’assistance, si pressée qu’elle fût, garda la plus parfaite décence. « Il y avait sur toutes les physionomies une expression bien accentuée de satisfaction. » La deuxième fêle décadaire et les suivantes furent célébrées à Notre-Dame avec un égal succès. La foule se montrait de plus en plus nombreuse, mais toujours respectueuse. M. Laurent Hanin, en portant celle appréciation, ajoute cependant que les mariages étaient de toutes les parties de la cérémonie celle qui intéressait le plus et qu’elle provoquait chez les assistants « une animation toute joyeuse ». Mais M. Hanin oublie de nous dire comment cette joie, qui, d’après lui, était « l’âme des fêtes décadaires », se conciliait avec « l’attitude très respec-
entre les citoyens d’autre supériorité que celle des fonctionnaires publics », l’administration centrale en concluait que Clément, s’intitulant évêque, usurpait une supériorité illégale. Elle tirait la même conclusion de l’article ig de la Déclaration des droits : « Nul ne peut, sans une délégation légale, exercer aucune supériorité, ni remplir aucune fonction publique. » Enfin l’article 36<> de la Constitution : « Il ne peut être formé d’association contraire à l’ordre public » lui permettait de déclarer illicite l'association religieuse dont Clément était le chef, sous prétexte qu’avec sa « hiérarchie t héocra tique », elle faisait obstacle à l’ordre public.
1. Le dossier de cette affaire est conservé aux Arch. nat. , F” 7345.
2. Les détails qui suivent sont empruntés à Laurent Hanin, Histoire de Versailles, 1889, in-8, t. IV, p. 356 et suiv.
3 Le 18 vendémiaire an ML