Lettre au ministre du 27 germinal an Vit
2. Dans une circulaire en date du 9 fructidor an VI (et non du 1 1 comme l’imprime Grégoire : Histoire ries sectes, 1, p. 262).
3 Dans une lettre au ministre du 22 messidor an VI, François expliquait que Primat s’était montré « absolument récalcitrant » à ses invitations. « 11 m’a fait un rabâchage pitoyable sur la liberté des cultes et des consicences. » Primat fut arrêté pendant quelques jours (Ann. de In religion, t. VIII, n° 1).
4. Noir aux Àrch. nat., F19 456 la correspondance du ministre et du commissaire.
Cl LTE DÉCADAIRE ET THÉOPHILAVTJIROPIE
« Citoyen Ministre,
C/est, selon moi, troubler l’ordre que de s’opposer aux progrès de l’esprit public et des institutions républicaines, c’est ce que font les prêtres qui ont conservé une influence marquée, et qui s’obstinent à célébrer avec pompe toutes les fêtes du calendrier romain et qui 11e paraissent jamais à une fêle républicaine. Je vous le dis avec franchise, partout où il y aura un prêtre, on négligera la célébration des décadis cl des fêtes civiques, tant que ce prêtre ne voudra pas les célébrer et transporter à ces jours les fêtes du calendrier romain. Je pense qu’il serait bon que le Directoire exécutif prononçât la déportation des ministres du culte qui se refuseraient à faire coïncider les fêtes de son culte avec les fêtes civiques. C’est l’unique moyen de faire triompher les institutions républicaines. Si vous êtes de mon avis, je vous prie de me le faire connaître, je v ous indiquerai alors les prêtres dont l’obstination rendra l'éloignement nécessaire.
Salut et fraternité.
Sic/ né : François 1 . »
Dans plusieurs communes, les autorités mirent à seconder les vues du commissaire central une grande énergie. À Cambrai, la municipalité ordonna aux prêtres de célébrer leurs offices les jours de décade, sous peine de fermeture de leurs églises2! A Gravelines, un certain Boudart-Wante, moine marié, proposa au cercle constitutionnel de celte ville de faire disparaître de l’église tous les objets servant au culte catholique, à l’exception de la chaire qui servirait de tribune pour les orateurs décadaire^ Dans le canton d’Estrœungt, les églises furent fermées, à partir du 2 4 floréal an VI, « tous les jours appelés dimanches, fêtes et patronages du calendrier romain ». Mais ces menaces et ces mesures de violence, d’ailleurs exceptionnelles, restèrent sans grand effet et le culte décadaire ne réussit pas à vivre dans le département. L’administration municipale de Lille, entre autres, résista aux injonc-