‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 334 sur 519 · Dans son numéro du 3o prairial an NI · texte numérisé non relu

Dans son numéro du 3o prairial an NI

Matuiez.

/|9§ CULTE DÉCADAIRE ET THÉOPIIILAütTITROPTE

blic et où vieilliront s’éteindre à la longue les haines de parti. »

Dijon. — A Dijon, les autorités attendirent d’y être obligées par la loi avant de réorganiser les réunions décadaires. Un conflit s’éleva à ce propos entre l’administration centrale et l’administration municipale, l’une et l’autre prétendant à la direction des fêtes. Le ministre de l’intérieur, pris pour arbitre, se prononça en faveur de la municipalité1, qui choisit l’église Saint-Michel comme temple décadaire2 3 et fit un règlement pour les cérémonies :!. L’adjudant-général de la i8° division militaire était requis de fournir cent hommes de ligne tous les décadis pour escorter le cortège officiel et maintenir l’ordre. Le cortège se mettait en marche à neuf heures et demie du matin précédé des tambours et de la musique. Les futurs époux accompagnés de leurs pères et mères et de leurs témoins prenaient place dans le cortège. L’arrêté les invitait à venir « vêtus décemment». La garde, placée aux portes du temple, avait ordre de ne pas laisser entrer d’autres enfants que ceux qui étaient conduits par les instituteurs. Les assistants devaient demeurer assis et ne pas se déplacer. Les hommes auraient la tête découverte. Les perturbateurs étaient menacés d’arrestation. A l’arrivée du cortège, l’organiste jouait un air patriotique. Des morceaux de musique et de chant coupaient les dilférentes parties de la cérémonie. — Ce règlement avait pour but d’empêcher le retour des scènes scandaleuses qui s’étaient produites à la première réunion, le 10 vendé-

1. Dossier à ce sujet aux Arcli. nat., F1 Côte-d’Or 8. L’administration centrale assignait comme local aux fêtes civiques la salle des Etats de Bourgogne (aujourd'hui le Palais de justice); l’administration municipale voulait que les autorités se réunissent à la maison commune.

2. Sur le frontispice de l’église, la municipalité fit graver l’inscription Temple décadaire (Arch. municip. de Dijon, registre des délibérations de la municipalité, à la date du 19 vendémiaire an \ 11). Grégoire considérait la municipalité de Dijon comme hostile aux prêtres (voir son discours du 25 frimaire an VI aux Cinq-Cents. Histoire des Sectes, I, p. 28/1).

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