‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 335 sur 519 · Le 17 vendémiaire an \ II (Arch. municip de Dijon, id · texte numérisé non relu

Le 17 vendémiaire an \ II (Arch. municip de Dijon, id

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miaire an VII, et dont le journal patriote avait rendu compte en ces termes indignés:

« Quand on aurait pris à lâche de verser le ridicule à pleines mains sur les réunions décadaires, d’étouffer au berceau cette institution, cpii tend à opérer parmi les citoyens d’utiles rapprochements, on n’aurait pas suivi d’errements plus sûrs que1 ceux qu’on prit décadi dernier. Il n’yapas déballé qui n’offrît plus de calme et de décence, où le sarcasme fût plus commun et l’ordre mieux établi que le lieu choisi pour la réunion des citoyens. Les épouses errantes dans les collatéraux, en attendant les magistrats, ayant à essuyer les regards fatigants de la curiosité cl les regards alarmants de l'impudence ; obligées au retour de la cérémonie de se frayer elles-mêmes à travers les Ilots delà multitude un chemin, que le désir de voir rétrécissait à chaque instant. . . Un tapage toujours croissant, qui 11e permit pas à l’officier municipal de continuer la lecture des lois, qui lui laissa à peine la faculté d’entendre le consentement des époux et cpii ravit au spectateur paisible le plaisir de jouir des sons mélodieux de l’orgue touché par une main habile ; telle est la caricature qu’on a faite ici, sans le vouloir sans doute, de la première réunion décadaire 1 . . . »

En dépit des efforts de la municipalité, les fêtes décadaires n’inspirèrent jamais le respect à Dijon. On y venait par curiosité ou pour fronder la République2. Le commissaire central, Volfius, fut obligéde reconnaître que « les fêtes décadaires ne prenaient pas, quoi qu’on fasse3 ».

Dans les campagnes, le.s lois étaient méconnues. On travaillait le décadi presque partout. Les juges de paix acquittaient les contrevenants et même donnaient l’exemple des infractions. Il faut noter cependant que la bourgeoisie industrielle, très favorable au décadi, essaya d’en imposer le chômage aux ouvriers.

Le 2 9 frimaire an Vil, les «directeurs des forges sur les rivières d’Aube, Ourse, \onnc, Seine, Coquille et Armançon », réunis à Châtillon-sur-Seine à l’occasion de

i. Journal de la Côte-d’Or, i5 vendémiaire an \ II.

j a. /</., i5 frimaire an VN.

3. Compte de Volfius au ministre de l’intérieur, en date du i i priarial an N II (Arch. nat , F1 C111 Côte-d’Or 8).

la délivrance des bois, prirent l’engagement écrit de faire travailler leurs ouvriers, les dimanches et anciens jours de repos, de renvoyer de leurs usines ceux qui s’y refuseraient, et de ne pas réembaucher aucun des ouvriers ainsi congédiés l.

Saône-et-Loire. — En Saône-et-Loire, où le culte de la Raison avait été célébré avec entrain, le culte décadaire

i. Le document imprimé futenvoyé au ministre de l'intérieur, qui félicita les maîtres de forges de leur bon esprit, tout en regrettant qu’ils aient cru devoir conserver l’ancienne date du Ier octobre pour les embauchages. Voici ce texte :

Les Directeurs des forges sur les rivières d’Aube, Ourse, Yonne, Seine, Coquille et Armançon se trouvant rassemblés aux délivrances des bois, à Chàtillon-sur-Seine soussignés (ce mol à la main),

Considérant que les anciens jours de repos, réunis à ceux que prescrit la loi sur la célébration des décadis, absorbent le tiers de l’année, qu’en les observant les uns et les autres, la fabrication des manufactures éprouve une énorme réduction, qui entraînerait tout à la fois et la ruine du commerce et celle des particuliers,

Que si chaque manufacturier est parvenu à faire observer le décadi par ses ouvriers, il n’a pu encore, sans s’exposer à les perdre, les forcer à travailler les anciens jours de repos,

Qu’un accord parfait entre les chefs d’usine peut seul faire cesser celte obstination, en présentant partout aux ouvriers des conditions égales et des règles uniformes, dont ils ne puissent espérer ni l’infraction ni la modification,

S’engagent d’honneur, les uns env ers les autres, à établir dans leurs usines, à compter du 12 nivôse prochain, les règles de police suivantes :

i° Les ouviers des forges se reposeront les décadis en entier, et les quintidis depuis six heures du matin jusqu’à six heures du soir.

2° Ils travailleront pendant tous les autres jours de la décade, cl notamment les anciens jours de repos.

3° Tout ouvrier qui refusera de souscrire à ces conditions sera renvoyé de l usine.

4° Aucun des soussignés 11e pourra prendre à son service un ouvrier ainsi congédié, à peine d’encourir le blâme des co signataires et d’être appelé par eux embaucheur d’ouvriers. 11 sera de plus poursuivi pour les dommages et intérêts résultants du chômage de l’usine causé par la sortie de l’ouvrier.

5° L’article précédent ne déroge en rien de l’ancien usage d’engager les ouvriers le 19 vendémiaire, correspondant au 1 el' octobre (vieux style).

Etienne Ligerol, l’un des soussignés, demeurant à Chàlillon-sur- Scine, demeure dépositaire du présent écrit, et correspondra avec tous les directeurs de forges absents, pour les inviter à y donner leur acquiescement.

Fait à Cbàlillon-sur-Seine, département de la Côte-d’Or, le 29 frimaire an VII de la République française.

Signé: Gousturier, Ghaussier et Rolle, J. -G. Belgrand, Couturier, Jobert, Borromée, Champreux et Saint, Martin et Barreau , R. Cousturier, Pétot, l.igerot (Arch. nat., F1 G111 Côte-d’Or, (S).

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