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5o4 CM, TE DÉCADAIRE ET TllÊOI’lIIL VXTIIUOPIE
point par point les dogmes catholiques, les présentaient comme inconciliables avec la République1 et désignaient les prêtres à la haine et au mépris publics. Les prêtres mariés seuls trouvaient grâce devant elle2. Quant aux autres, elle les invitait durement à célébrer le décadi et, en cas de refus, les menaçait de déportation. Dans plus d’un canton, les églises furent fermées, à Sens, à Auxerre, etc3... Dans d’autres, les prêtres cessèrent d’eux-mêmes le culte, avec barrière-pensée probable de provoquer le mécontentement des populations \ Dans d’autres, enfin, ils préférèrent transférer leurs messes au décadi \
Nulle part les lois sur le repos décadaire et sur les fêtes républicaines ne furent mieux observées. Le commissaire central s’en félicitait et donnait comme raisons de l’excellence de l’esprit public les mesures énergiques des diverses
1. Voir par exemple la proclamation du 17 thermidor an VI (fonds Gazier).
2. Elle se laissait même aller à faire leur éloge : « Les prêtres mariés ont des droits à la reconnaissance de la République, car en payant leur tribut à la société comme à la nature, en rendant un service précieux à la raison par cet hommage public aux mœurs, ils ont donné des gages certains à la Révolution, des otages intéressants à la patrie et lutté contre les plus dangereux préjugés de la terre en ce que le célibat sacerdotal, en affichant l’innocence et les privations extérieures, en imposait au vulgaire et semblait imprimer aux ecclésiastiques un caractère en quelque sorte sacré» (proclamation citée).
3. Les Annales de la religion exagèrent en écrivant: « Dans l'Yonne, il n’y a pas une seule église ouverte .. Prêtres soumis ou insoumis, tous ont été poursuivis, mis en fuite ou déportés » (t. IX,
4. Dans une adresse du 19 nivôse an VII, l’administration centrale les accusait d’avoir eu ce dessein et déclarait « que les prêtres 11e pouvaient cesser leur exercice par la crainte d’être persécutés, sous peine d’être considérés comme ennemis de la tranquillité de leur pays » (Grégoire, Histoire des Sectes, I, p. 282). — La députation de l’Yonne écrivait, le 7 nivôse an VII, au ministre de l’intérieur : « Citoyen ministre. Les prêtres, ces implacables ennemis de la République, se voyant forcés dans leurs derniers retranchements par la fermeté et la constance du gouvernement, ont cru trouver, même en semblant obéir aux lois, le moyen de soulever le peuple. Ils se sont entendus flans plusieurs cantons pour cesser à la fois l’exercice du culte. Us ont espéré que le peuple s’irriterait d’une cessation aussi brusque. Ils se sont trompés. Le peuple les a vus avec indifférence s’abstenir de leur ministère dans notre département » (Arch. liât., F1 C111 Yonne 8).
5. Par exemple dans le canton fie Vault de Lagny, le curé de Grisolles, Tripier, le curé de Tharot, F. H. Magnen, le curé d’Etaube, Arthaud, le curé de Pontaubert, lloudaille, le curé d’Amicot, Ghargresse (Arch. de l’Yonne).
YONNE