RÉGION DE L’EST
administrations, la cessation du culte dans la plupart des communes, la loi sur la conscription militaire qui a paru juste à tous, l’abondance des récoltes en tous genres et particulièrement la prospérité des vignobles1.
\ Sens, où les cérémonies décadaires n’avaient jamais cessé d’être célébrées régulièrement et sans interruption depuis l’an II, elles reprirent un nouvel essor apres le 18 fructidor. Les fêtes nationales attiraient toujours un nombreux public2 3 4. A la fête de la Paix, le 3o nivôse an VI, des députations des cantons voisins vinrent à Sens prendre part à la cérémonie, qui fut suivie d’un grand banquet de plus de deux cents couverts. A la fête de la Souveraineté du peuple, le 3o -ventôse, I autel de la Patrie fut surmonléd’une statue de la Liberté et une délégation de quatre-vingts vieillards figura le peuple.
Quand la loi eut ajouté la célébration des mariages a la cérémonie décadaire, les municipaux de Sens quittèrent l’ancienne salle de la société populaire. Les mariages modi fièrent le caractère des réunions, qui perdirent de leur sérieux et de leur dignité. Un jour, c’était un brouhaha qui se produisait sur le passage d’une des nouvelles mariées, qui « avait pris un avant-goût des douceurs de l’amour conjugal'5 ». Un autre jour, c’était l’orchestre qu1 jouait des airs « rappelant des paroles triviales et meme indécentes», par exemple l’air scandaleux: \h ! le bel oiseau, maman \
Malgré ces incidents — d’ailleurs exceptionnels — la municipalité de Sens pouvait se rendre à elle même ce témoignage que, dans aucune autre commune peut-être, le peuple n’était mieux tenu au courant des nouvelles cl des lois et n’avait plus le sentiment de sa dignité ’.
i. Compte du commissaire central au ministre de 1 intérieur pour le mois de fructidor an \ I (Àrch. nat., t ' 7^28).
a. D’après L’Observateur du département de I tonne ainsi rpie ce qui suit.