‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 344 sur 519 · RÉGION DU CENTRE. - ALLIER · texte numérisé non relu

RÉGION DU CENTRE. - ALLIER

A la fête funèbre en l’honneur des plénipotentiaires assassinés à Rastadt, la statue de la Liberté fut recouverte d’un voile, en face d’elle on dressa une statue de la Némésis « à l’œil étincelant de fureur, tenant une torche allumée d’une main, un poignard de l’autre et foulant aux pieds l’horrible aigle noir à deux tètes ».

En général, les organisateurs de ces fêtes suivirent pas à pas les programmes de François de Neufchâteau.

Allier '. — Dans l’Ailier, des cercles constitutionnels s’étaient formés en l’an VI à Moulins, Cusset et Gannat. Les fêtes nationales furent célébrées dans ces communes, surtout à Moulins, avec un appareil théâtral.

A Moulins, la municipalité lit élever sur les principales places publiques plusieurs amphithéâtres, deux sur le cours Voltaire, un autre sur le cours de Bercy, un quatrième sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Les deux amphithéâtres de la place Voltaire se faisaient vis-à-vis et entouraient l’autel de la patrie qui était surmonté d’une statue de la Liberté. Sur l’un prenaient place les autorités ; l’autre était réservé aux vieillards, aux soldats réformés pour cause de blessures et à leurs parents. Au bas des gradins, se tenaient les élèves des écoles, les musiciens et les choristes. La force armée formait la haie.

A la fête de la Jeunesse en l’an à 1, des prix furent distribués aux élèves de l’Ecole centrale1 2 : l’orateur, s’adressant aux jeunes filles, leur traça les devoirs qu’elles auraient à remplir comme épouses et comme mères. « Venez, ajoute I il en terminant, venez, jeunes citoyennes, donner l’exemple de l’union qui est le charme de la vie et qui sera le présage de la durée de la République. » A ces mots, les présidents des administrations centrale et municipale, des tribunaux civil et criminel « descendirent de leurs sièges et allèrent dans l’enceinte former un pont d’alliance avec une guirlande de fleurs, un ruban tricolore et un niveau, sous lequel les jeunes gens des deux sexes

1. Les détails qui suivent sont empruntés à J. Cornillon, Le Bourbonnais suas la Révolution française, 1 8(jâ , in-8, t. V.

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