‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 345 sur 519 · Arcti. nat., F · texte numérisé non relu

Arcti. nat., F

5lO CULTE DÉCADAIRE ET THÉOPmr.AsNTURÔÏ’IE

passèrent successivement, deux à deux, en se donnant le baiser de l'innocence ».

La fête de l'Agriculture lut célébrée sur la place de l’Ilôtebde-V ille. Des jardiniers suivis de leurs femmes et de leurs enfants, des bouquets ou des fruits à la main, étaient rangés sur le pourtour de l'amphithéâtre recouvert de tapisseries. Vu début cle la cérémonie trois cultivateurs, Jean Richard, laboureur, Simon Migon, vigneron, Bidet père, jardinier, « désignés par leurs pairs, montèrent sur l’estrade. Le président de l’administration municipale leur remit, avec l’accolade fraternelle, un fer d'araire, une bêche, un râteau et une serpette qui étaient déposés aux pieds de la statue de la Liberté ». Des jeunes filles, vêtues de blanc et portant des bouquets de fleurs, les couronnèrent ensuite. Montant alors sur un char de triomphe « orné de feuillage, d’épis, de fleurs et de rubans tricolores » cl précédés d’instruments agricoles, les autorités et les lauréats se rendirent dans un champ situé aux portes de la ville, à la Madeleine. La troupe se forma en bataillon carré. Les présidents des administrations centrale et municipale tracèrent un sillon avec la charrue. A un signal donné, les cultivateurs jetèrent leurs outils, prirent des fusils 1 et se mirent en rang, au milieu de bravos enthousiastes. Le président de l’administration centrale de les féliciter et de leur dire : « Reprenez votre charrue, continuez de défendre la terre avec le soc, que viennent de vous remettre les pouvoirs publics. Coulez dans ce séjour tranquille et charmant des jours heureux. Les tours, les châteaux, les portiques, où l’art et la richesse étalent leur éclat, ne valent pas les verdures, les fleurs ni les beautés sans nombre dont la nature et les saisons décorent et embellissent vos chaumières. »

A la fête du io août, la grande attraction fut un tir public. Vu-dessus de la cible était suspendue une couronne loyale, au bas de laquelle on lisait: « Elle ne se

i . Le geste avait été indiqué dans la circulaire de François de Neufchateau .

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