‹ La Théophilanthropie et le Culte Décadaire, 1796-1801Chapitre 36 sur 519 · Voir à la fin du livre, « l’Hymne du Malin · texte numérisé non relu

Voir à la fin du livre, « l’Hymne du Malin

Bénissons dès notre réveil Le Dieu qui nous rend la lumière,

C’est lui qui commande au soleil D’avertir la nalure entière

Qu’il est temps do sortir des langueurs du sommeil.

Le Père. Aux premiers feux du jour, tout se meut, tout s’avive,

L’oiseau reprend ses concerts enchanteurs ;

Des végétaux la sève plus active Enfante des fruits ou des lleurs. .. etc.

a. « Avant le commencement des choses, il n’y avait pas de temps. Dieu était tout, tout était en Dieu; un moment, il voulut que les ehoses fussent et les choses furent, alors commença le temps; Dieu le sépara en deux, le temps du travail et celui du repos... », etc.

DAUBERMESNIE ET EE Cl ETE I1ES \ DORATEURS

cl’histoire de l’humanité, envisagées sous l’angle déiste1.

Les préceptes. — C’est un traité de morale selon la division classique des devoirs envers Dieu, envers le prochain, envers soi-même, envers la cité.

L’adoration. — Ce chapitre, qui fait un peu double emploi avec le chapitre des observances, est consacré au culte domestique. 11 commence par un long récit sentimental des « adieux du père de famille à son lit de mort 2 et se termine par l’hymne du matin.

Si nous avons tenu à donner une idée aussi exacte que possible du culte de Daubermesnil, ce n’est pas pour la stérile et facile satisfaction de faire rire aux dépens du prophète, mais c’est parce que, sous bien des rapports, le culte des adorateurs annonce la théophilanthropie el procède d’un esprit sensiblement analogue.

Ce livre d’ailleurs porte bien la marque de son temps. Cette manière simpliste de concevoir l’histoire de l’humanité et des religions, n’était-ce pas l’école voltairiennc qui l’avait mise en crédit et imposée en quelque sorte à l’opinion publique P — Cet idéal de vie patriarcale, cet éloge delà vie de famille, ce sentiment de la nature, ces bergeries, n’est-ce pas à la fois du Rousseau, du Greuze et du Florian? — Ces ressouvenus de l’antiquité et des civilisations de l’Inde, cela ne venait-il pas d’être mis à la mode par les découvertes de Pompéi, par le livre de Yolney sur les ruines, par les écrits de Voltaire sur les Guèbres? Le goût du symbolisme était alors très répandu chez les mystiques des loges, par exemple, et l’engouement pour l’astronomie, considérée comme la base des premiers cultes, le grand ouvrage de Dupuis sur V Origine

1. Cette histoire de l’humanité est résumée plus haut, page 52.

Page 1